Apr 01, 2020 Last Updated 8:44 PM, Mar 30, 2020

Catholiques québécois en quête de sens : Cas du Carrefour Foi et Spiritualité

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Introduction

L’être humain est toujours en quête de son bonheur. Il cherche à répondre aux questions qui satisfont ses besoins. Pour ce faire, il s’élance dans une démarche qui peut être soit personnelle soit communautaire. Dans le cas de notre recherche, nous nous intéresserons à certains Québécois et Québécoises en quête de sens dans leur vie. « La problématisation, on le voit, n’est pas externe à la pratique, elle n’est pas située en distance gratuite face à elle. Elle n’est pas un « trip » de chercheur, mais elle émerge d’abord de la pratique, des questions de ses acteurs : « qu’est-ce qu’on est vraiment en train de faire? Pourquoi c’est comme ça? Où ça nous mène? » (Nadeau, 1987).

En fait, ce travail relève de l’observation de Québécoises et de Québécois en quête de sens dans leur vie et qui fréquentent le Carrefour Foi et Spiritualité. Cet organisme à but non lucratif est situé dans le district de Bordeaux–Cartierville dans l’arrondissement d’Ahuntsic–Cartierville à Montréal; il a pour mission d’accueillir et d’accompagner des personnes qui désirent trouver un sens à leur vie. Par notre observation, nous avons dénombré quatre-vingt-cinq personnes, hommes et femmes, qui fréquentent le Carrefour Foi et Spiritualité. Ils viennent de Brossard, Varenne, Val-Morin, Pierrefonds, Côte-des-Neiges, Ahuntsic, Laval, Montréal Centre-Ville, Saint-Laurent et Bordeaux-Cartierville. Plutôt que d’étudier toute la population qui fréquente le Carrefour Foi et Spiritualité, nous nous limiterons dans ce travail à l’étude d’un seul cas.

Nous présenterons d’abord la problématisation de notre pratique partant de l’étude du cas d’une seule actrice, prénommée Louise (Bilwala, 2018). Ce nom est fictif compte tenu de la volonté de « madame Louise » de taire son nom. En vue de situer notre travail, nous nous réfèrerons à certains spécialistes qui ont abordé un sujet de ce genre. Enfin, nous conclurons en suggérant une piste d’intervention qui pourrait faire suite à notre travail d’observation, de problématisation et de première intervention.

Problématisation

La problématisation part du cas précis mentionné précédemment. Avant de l’aborder, il est pertinent de définir la problématisation selon le contexte de notre travail en vue d’appréhender la quintessence de cette pratique. Nous sommes en accord avec la définition selon laquelle « la problématisation est un processus. Elle part de la saisie d’un problème ou d’un ensemble de problèmes. Elle passe par l’identification d’éléments problématiques d’une situation, la distinction de différentes facettes du problème, la formulation d’une question de recherche, le choix d’une perspective de compréhension, la sélection de connaissances qui semblent aptes à décrire les liens entre les éléments d’une situation que l’on cherche à mieux comprendre. Elle articule de façon signifiante – entre eux et avec les acquis de diverses disciplines ou domaines de recherche – les différents éléments d’une situation ou d’un problème de façon à éclairer ces éléments et à en saisir les liens » (Lefebvre, 2018).

Étude d’un cas

« Madame Louise, une Québécoise « pure laine », est une chrétienne catholique et habite dans le district de Bordeaux-Cartierville dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville. Elle est âgée de 62 ans. Elle a passé une cinquantaine d’années au service de la catéchèse à l’église Notre-Dame-des-Anges, située au 12325 rue de Serres, à Montréal,  dans le district de Bordeaux-Cartierville. Depuis un bon bout de temps, madame Louise s’est détachée de ses activités, voire des pratiques religieuses de la paroisse. Pour le moment, elle fréquente le Carrefour Foi et spiritualité. Selon elle, l’organisme comble un vide qui l’habitait ».

Le cas de madame Louise est issu de notre observation praxéologique auprès du Carrefour Foi et Spiritualité. Le cas a valeur d’exemple, car, en effet, on remarque un certain nombre de catholiques québécoises et québécois qui abandonnent la pratique religieuse et qui dirigent ailleurs leur quête de sens. L’observation praxéologique révèle l’existence de quelques déterminants à la base de cet itinéraire qu’entreprennent des Québécoises et des Québécois de se détacher de quelque pratique religieuse dans leurs milieux respectifs. Ces causes sont relatives. Ce qui revient à dire que les Québécoises et Québécois choisissent les activités et les programmes qui répondent à leur quête de sens, voire à leurs besoins plus profonds. Comme le soutient Peter L. Berger, « la quête de sens est inhérente à l’humanité, et faire disparaître ce besoin ainsi que celui de toute transcendance supposerait une mutation de l’espère humaine » (Suzanne, p. 22). Pour se faire, ils sont appelés à une démarche de responsabilité personnelle vers l’inconnu, lieu de réponses à leurs questions de sens. Dans le cas à l’étude, ils se dirigent vers le Carrefour Foi et Spiritualité.

À ce sujet, certaines chercheuses et certains chercheurs dont Solange Lefebvre, Suzanne Rousseau, Jacques Arènes, Jacques Grand’ Maison, Bernard Descouleurs, Jean Vernette et Charles Taylor, donnent des éclairages sur cet aspect de la quête de sens. Jacques Arènes relate l’œuvre de Paul Auster qui, selon lui, constitue un exemple dans lequel la quête de soi, du sens, est centrale. « Assailli par l’opacité ou l’éclatement de la vie, un homme s’enferme dans sa chambre pour reconstruire la mémoire, sa mémoire, et trouver en lui quelque chose qui pourrait ressembler à une unicité qui le sorte enfin des vertiges de l’identité incertaine. Après la séparation d’avec sa femme, après la mort de son père, Paul Auster reconstruit sa vie au fond d’une chambre : « le livre de la mémoire » (Descouleurs & Vernette, p. 3).

Jacques Grand’ Maison souligne également cet aspect qu’il trouve incontournable dans la société actuelle. Selon lui, « l’être humain a comme spécificité un irrépressible besoin de chercher et de trouver du sens à ce qu’il est, au monde qui l’entoure. (…) Par le passé, les grandes religions et les courants philosophiques jouaient le rôle de pourvoyeurs de sens. Aujourd’hui, chaque individu est laissé à lui-même. (…) C’est l’ère du « laissez-moi faire de moi ce que je veux » (GRAND’ MAISON, pp. 75-77).

Or, dans l’histoire du catholicisme, c’est un problème récurrent. « Comment se fait-il que le Carrefour Foi et Spiritualité connaisse une telle croissance de participation de fidèles catholiques alors que l’Église catholique est à se vider d’un certain nombre de Québécoises et Québécois? »

Cela étant, les entrevues ont révélé quelques déterminants qui motivent ces gens à abandonner les paroisses et à s’intéresser au Carrefour Foi et Spiritualité pour leur quête de sens. De prime abord, en référence à la mémoire collective, il ressort que les années 60 ont provoqué de grands bouleversements dans la société québécoise, caractérisés par la désaffection des pratiques religieuses et le recul ou déclin de la religion. À la suite d’une enquête que Solange Lefebvre a dirigée au Québec sur les sanctuaires catholiques du Québec, il est constaté que certaines raisons peuvent justifier le détachement des catholiques québécoises et québécois des pratiques religieuses. Elle situe le point tournant au début des années 1960, considéré période de déclin institutionnel. Selon Mme Lefebvre :

« Précisons que le Québec comptait, lors du recensement de 2001, 85 % de catholiques romains, se présentant comme la région la plus homogène au plan religieux. Le sociologue canadien Reginald Bibby évoque à cet égard l’étendue d’un véritable « décrochage » (crash), puisque les catholiques québécois sont passés d’un taux de pratique de 88 % au milieu des années 1950, à 42 % en 1975, puis à 28 % dans les années 1990 (Bibby, 2002 : 17-18). Deux perspectives théoriques éclairent ce déclin rapide. D’abord, on ne peut qu’endosser l’usage que propose Danièle Hervieu-Léger du concept de désinstitutionalisation de la religion, puisqu’au Québec, on assiste à la fois à une désaffection progressive de l’Institution et à une prolifération des croyances, sur un horizon chrétien hérité (Hervieu-Léger, 1993). En second lieu, le drame du catholicisme québécois provient du fait qu’il fut intimement lié à l’identité collective des Canadiens d’ascendance française tout en exerçant un contrôle tel qu’il se trouva, après la Seconde Guerre mondiale, renvoyé au mauvais rôle de faire obstacle à la modernisation du Québec, et ce malgré le fait que des mouvements et individus catholiques avaient été des acteurs de progrès » (Lefebvre, 2008).

Or, plus de 50 ans après, ce drame semble s’intensifier. Ainsi Solange Lefebvre le retrace même dans les milieux universitaires. Elle se réfère à Jocelyn Létourneau qui affirme que « dans la mémoire collective du Québécois moderne (être collectif nouveau, déraciné du passé), la religion et le traditionalisme sont considérés comme étant les matrices d’une antisociété qu’il est impératif de quitter pour ne plus jamais y revenir » (Lapointe, p. 324).

Cela démontre également combien les jeunes se détachent de tout ce qui a lien aux pratiques religieuses. Il se dégage des entrevues réalisées les idées suivantes (Bilwala, 2018) : d’une part, une personne interviewée affirme que les homélies des prêtres sont longues et prennent beaucoup de leur temps; une autre personne aime les partages sur les migrants ou les réfugiés, car ces thèmes suscitent beaucoup son intérêt et favorisent sa participation; une autre encore, qu’elle ne supporte plus de participer à la messe à cause de la longueur de la célébration eucharistique. Elle ne trouve plus indispensable d’écouter les homélies des prêtres envers qui elle a perdu toute confiance à cause des scandales répétés de pédophilie ou d’abus sexuels. Elle n’arrive plus à concilier la Bonne Nouvelle qu’annoncent les prêtres pendant les prêches à leur vie réelle, d’où son intérêt de trouver, au centre, un lieu de réflexion sur la foi et la spiritualité où elle peut poser des questions et échanger avec les autres; et finalement, une personne qui fréquente le lieu affirme y aller parce qu’elle n’a rien à faire à la maison. D’autre part, d’autres individus ne sont pas satisfaits des enseignements donnés à l’église sous prétexte qu’ils ne sont pas adaptés à leurs questions existentielles et ne donnent pas de réponses à leur quête de sens. 

Ces idées rejoignent la pensée de Bernard Descouleurs et Jean Vernette, selon laquelle, « aujourd’hui, le travail sur soi devient de plus en plus nécessaire pour pouvoir se situer dans une société qui exige de chacun de nous autonomie, responsabilité, adaptation, initiative. (…) Les grandes institutions, École, Armée, Églises, Entreprise, Famille, ayant de moins en moins de pouvoir et d’influence, ne fournissent plus comme autrefois les grandes orientations, les normes de vie, les idéaux, et de ce fait chaque individu doit trouver par lui-même l’orientation de son existence et le sens de sa vie. D’où la forte quête de « sens » qui constitue un véritable fait de société. » (Descouleurs & Vernette, Op. Cit., pp. 25-26).

Dans une autre contribution, Charles Taylor (Champagne, 2011, p. 38) observe également que la majorité des personnes ne se tournent plus vers les institutions religieuses traditionnelles, en l’occurrence l’Église catholique, pour trouver réponse à leur quête. D’une part, il explique ce désintérêt par le sentiment qui habite ces personnes en lien avec les expériences vécues dans leurs communautés paroissiales. Elles se sont rendu compte que les Églises ne se préoccupaient pas vraiment de leurs besoins, en particulier leurs besoins spirituels. D’autre part, Taylor prend conscience qu’influencées par la modernité, ces personnes sont animées par « un sentiment que si elles veulent être authentiques, vraies avec elles-mêmes, elles se doivent de trouver elles-mêmes leur propre voie et de suivre leur propre inspiration » (Ibid., p. 38).

Or, certains thèmes traités au Carrefour Foi et Spiritualité les intéressent et comblent le vide qui les habite. Face à cette réalité, surgit en moi une autre question d’intérêt, à savoir, « Quelles gratifications ont les catholiques québécoises et québécois qui fréquentent le Carrefour Foi et Spiritualité? ».

Hypothèse de travail

Ce travail d’observation praxéologique est régi par ces hypothèses :

 — Je pense que les catholiques québécoises et québécois s’intéressent au Carrefour Foi et Spiritualité parce que les activités et programmes offerts comblent le vide de leur quête de sens.

 — Je pense que le contenu de certaines activités et programmes offerts au Carrefour Foi et Spiritualité répondent aux besoins des catholiques québécoises et québécois en quête de sens. 

Conclusion

En somme, ce travail cerne la problématisation d’une pratique centrée sur les catholiques québécoises et québécois en quête de sens et fréquentant l’organisme Carrefour Foi et Spiritualité. Loin d’être exhaustive, cette recherche s’est limitée à l’observation d’un seul cas parmi les cinq personnes ayant participé aux entrevues. À une période de l’histoire québécoise, l’Église catholique était considérée comme la principale source qui donnait des réponses aux questions existentielles des Québécoises et des Québécois. Avec la venue de la sécularisation, au début des années 60, les Québécoises et Québécois ne se sentent plus en mesure de se confier aux Églises traditionnelles. Ils sont habités d’un vide intérieur qu’ils sont poussés à combler. Ainsi, ils se sont lancés dans une démarche ou un itinéraire qui correspondrait mieux à leur quête de sens. « Beaucoup d’hommes et de femmes ressentent avec angoisse le vide de nos sociétés de consommation et sont toujours en quête d’un art de vivre qu’ils ne trouvent pas nécessairement dans le christianisme contemporain » (Ibid., p. 38).

Cela montre que l’objectif téléologique de tout être humain est de vivre dans la paix et la concorde intérieure, voire trouver une ou des réponses à la quête de son sens. Le type de sens relève de l’intérêt personnel de l’humain à satisfaire sa quête qui peut être quête spirituelle ou quête d’accomplissement, de bonheur, d’épanouissement, etc.

Ainsi, il nous a semblé impérieux de répondre d’abord à la question liée à la croissance en nombre des Québécoises et Québécois qui participent aux activités offertes au Carrefour Foi et Spiritualité, alors que dans certaines activités religieuses, voire pratiques religieuses, ils sont de moins à moins nombreux à participer. La seconde question d’intérêt visait les gratifications qu’obtenaient ces Québécoises et Québécois en fréquentant les activités offertes au Carrefour Foi et Spiritualité. Pour donner suite à ces questions, nous ne nous sommes pas seulement limités au travail d’observation, mais nous avions également organisé une série d’entrevues. Dans le cas de cette étude, problématiser sur l’étude d’un seul cas répondait à notre norme.  

Bien que nous ayons rencontré des blackboulages de la part de certaines participantes, en particulier au sein de la génération des femmes de 50 à 70 ans d’origine africaine alors qu’il s’agissait de leur demander leur âge par exemple, il y a eu quand même une participation positive de leur part à notre recherche.

Dans le cadre du travail poursuivi dans cette pratique, je suggère une piste d’intervention pour passer de l’observation qualitative à l’observation quantitative. J’ai constaté que dans l’observation de cette pratique, j’ai été intéressé à aborder les questions relatives à plusieurs disciplines en sciences humaines et sociales, en l’occurrence la sociologie, la théologie, la religion, à l’exception de la psychologie. Je suggère que les responsables des paroisses ou de l’Église devraient toujours créer des moments de rencontre en dehors des pratiques religieuses pour se familiariser avec les gens. Cela permettrait aux responsables de l’Église d’écouter et d’échanger et favoriserait le dialogue. De là pourra surgir l’expression de leur quête profonde qui aidera les responsables à ajuster leurs façons de faire au besoin. Dans la société actuelle, les gens sont confrontés à plusieurs défis personnels et familiaux. La dimension psychologique apparaît indispensable pour donner des réponses à leur quête. Ainsi donc, nous savons que ce travail de problématisation sur les catholiques québécoises et québécois en quête de sens qui s’intéressent au Carrefour Foi et Spiritualité n’a pas la prétention d’avoir épuisé le sujet. Cependant, il demeure indispensable de continuer l’exploration sur le plan de l’observation empirique et de l’analyse scientifique.

Références

Bernard, Descouleurs, Repères pour la spiritualité, Paris : Desclée de Brouwer, 2002.

Jacques, Grand’Maison, Une spiritualité laïque au quotidien, neuf voies d’accès au spirituel, Montréal : Les Éditions Novalis, 2013.

Jean-Louis Larochelle, Deux regards sur la modernité,  dans Elaine Champagne (dir.), Temps de crise, temps d’espérance? : Une Église en pleine traversée, Canada : Médiaspaul, 2011.

Jean-Guy Nadeau (dir.), La praxéologie pastorale : orientation et parcours, Vol. 1, Montréal, Fides, 1987.

Jean-Marie Bilwala, Présentation de la synthèse de pratique en Powerpoint, Montréal : Cours de Praxéologie – Automne 2018.

Solange Lefebvre, Cours de Praxéologie : Observation, analyse et problématisation, Montréal, Université de Montréal, Automne 2018.

Peter Ludwig Berger (dir.), Le réenchantement du monde, Paris, Bayard, 2001, p. 30, dans Suzanne Rousseau, En-quête de sens. Guide de la dynamique spirituelle contemporaine, Montréal, Les Éditions Novalis, 2018.

Jacques Arènes, La recherche de soi, DDB, 2000. Dans Bernard Descouleurs et Jean Vernette, Repères pour la spiritualité, Paris : Desclée de Brouwer, 2002.

Solange Lefebvre, « Sanctuaires catholiques au Québec », Archives de sciences sociales des religions, janvier-mars 2008, mis en ligne le 02 juillet 2011, consulté le 12 octobre 2018. URL : http://assr.revues.org/12512;DOI:10.4000/assr.12512:

Solange Lefebvre, Montréal, cité séculière? Questions à propos de la religion, dans Guy Lapointe, Société, culture et religion à Montréal : XIXe – XXe siècle, Montréal, VLB Éditeur et Guy Lapointe, 1994.

Jean-Marie Bilwala Kabesa, Cours de Praxéologie : synthèse, Montréal, Université de Montréal, Automne 2018.

Charles Taylor, La diversité de l’expérience religieuse aujourd’hui, Montréal, Bellarmin, pp. 94-97, dans Elaine Champagne (dir.), Temps de crise, temps d’espérance? : Une Église en  pleine traversée, Canada : Médiaspaul, 2011.

Ultima modifica il Mercoledì, 01 Gennaio 2020 12:15
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