Jun 25, 2017 Last Updated 8:35 PM, Jun 21, 2017

C’est quoi un Leader?

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Introduction

Souvent, il semble qu’on veuille nous imposer cette impression que toute personne en autorité est un leader. Au contraire, il s’agit plutôt d’une confusion de sens et s’apparente davantage au jeu de mots que Victor Hugo appela « calembour » pour qualifier un des personnages du fameux roman Les Misérables. Il n’y a qu’un pas pour passer de « leader », à « laideur » (caractéristique inspirant le mépris, la désapprobation). N’est-ce pas ce que l’on pourrait affirmer par manque d’informations suffisantes quant à la signification du mot « leader »? Qu’est-ce qu’un « leader »? Cette question a obsédé plusieurs chercheurs en management communicationnel et chacun/chacune a élaboré sa conception. Je ne parlerai pas, ici, de tous les types de leader; je m’en tiendrai au concept de « leader-serviteur ». Cet article nous situe dans le champ de la communication et du coaching. L’introduction sera suivie par l’énoncé de l’origine de la notion de « leadership serviteur » dans la tradition ancienne et la tradition chrétienne, puis nous énoncerons les dix caractéristiques du leadership serviteur et conclurons sur l’aspect service d’un leader.

Origine du concept « leadership serviteur »

1.1.      Tradition ancienne

Le leadership serviteur n’est pas un concept datant de nos jours. Il tire son origine de l’ancien temps et fut même utilisé dans la tradition ancienne, en l’occurrence dans le Tao Te Ching, attribué à Lao-Tzu, qui aurait vécu en Chine entre 570 et 490 avant notre ère : « Le Sage est auto-effacé et rare de mots. Quand sa tâche est accomplie et que les choses ont été achevées, toutes les personnes disent : « Nous l’avons même fait! ». De plus, Chanakya a écrit, au IVe siècle avant notre ère, dans son livre Arthashastra : « Le roi (le chef) considère comme bon, pas ce qui lui plaît, mais ce qui plaît à ses sujets (adeptes). Le roi (leader) est un serviteur payé et profite des ressources de l'État avec les gens. »

1.2.      Tradition chrétienne

Bien que ce concept nous renvoie d’emblée dans la tradition ancienne, il est vrai qu’il a été popularisé par Robert K. Greenleaf en 1970 dans son essai « leadership serviteur ». Cette idée lui était parvenu après la lecture du livre de Herman Hesse intitulé « Journey to the East » (Voyage à l’Est). Il s’agissait de l’histoire du voyage mythique d’un groupe dont le protagoniste et l’accompagnateur s’appelait Léo. Ce dernier était un grand fonctionnaire de l’armée mais pendant tout le voyage il s’est abaissé à un niveau très bas pour servir les autres. C’est lors de la présentation officielle de Léo au public que tout voyageur s’était rendu compte du titre de Léo. Touché par cette histoire, Robert K. Greenleaf a eu l’intuition d’affirmer qu’un bon leader est avant tout serviteur. Ce qui l’amena à écrire son essai « leadership serviteur ». De plus, il a été aussi influencé par sa tradition chrétienne. Ce passage de l'Évangile de Marc est souvent cité dans les discussions sur le leadership serviteur, Marc 10 : 42-45 :

« Alors Jésus les appela tous auprès de lui et leur dit : « Vous savez ce qui se passe dans les nations : ceux que l'on considère comme les chefs politiques dominent sur leurs peuples et les grands personnages font peser leur autorité sur eux. Il ne doit pas en être ainsi parmi vous! Au contraire : si quelqu'un veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur, et si quelqu'un veut être le premier parmi vous, qu'il soit l'esclave de tous. Car le Fils de l'homme n'est pas venu pour se faire servir, mais pour servir lui-même et donner sa vie en rançon pour beaucoup. »

Greenleaf nous rappelle qu’un leader serviteur est la personne qui est au service de ses collaborateurs/trices qu’elle dirige, complètement différent d’une personne qui utilise le pouvoir pour l’autosatisfaction ou sa propre glorification.

Les dix caractéristiques du leadership-serviteur

Inquiet de constater une carence dans le modèle de leadership qu’utilisent certaines personnes, Robert K. Greenleaf suggère dix caractéristiques du leader-serviteur, que nous tenterons de décortiquer, en l’occurrence l’écoute, l’empathie, la guérison, la conscience, la persuasion, la conceptualisation, la prévoyance, la gérance, l’engagement envers le développement des personnes et l’engagement envers le développement de la communauté.

L’Écoute :

Selon Greenleaf, le leader est un bon communicateur et un bon décideur. Il n’est pas rancunier et écoute attentivement les autres avant de prendre une décision. Il a une attitude fondée sur la préoccupation véritable du devenir de ses collaborateurs. De plus, le leader-serviteur apprécie et accueille positivement tous les points de vue et les idées des autres et encourage le dialogue constructif.

L’Empathie :

Contrairement à bien des soi-disant leaders que notre monde produit, un leader-serviteur sait comprendre et possède un sentiment d’empathie pour les autres. Il fait une différence entre la personne et son service; il se met à sa place. Cela fait de lui un être reconnaissant, attentif et compatissant.

La Guérison :

Robert K. Greenleaf nous enseigne qu’un leader-serviteur a un pouvoir apaisant, voire curatif, sur lui-même avant tout et sur son entourage. Sachant que nous avons tous un parcours de vie qui nous est propre avec notre lot de blessures et de cicatrices émotionnelles dues à certaines expériences de vie, l’attitude d’un leader-serviteur ne sera pas de rejeter la personne, mais plutôt de la comprendre. Il voudra se mettre à son service pour résoudre les conflits et apaiser les tensions qui perturbent la vie. Il comprend que les individus ont chacun, chacune, leur propre histoire; il sait gérer les conflits et harmoniser les rapports. Il ne fuit pas les conflits, mais les confronte.

La conscience :

Selon Robert K. Greenleaf : « La conscience n’apporte pas de réconfort. Au contraire, la conscience distribue et éveille. Les bons leaders sont en général très lucides et équilibrés. Ils ont leur propre source de sérénité intérieure. » Le leader-serviteur répond aux besoins des autres et aux préoccupations du groupe. Il a une conscience qui lui permet d’appréhender une situation selon une approche plus intégrée et globale.

La Persuasion :

À la suite de Robert K. Greenleaf, le leader-serviteur préfère convaincre plutôt que de donner des ordres. Il sait être persuasif plutôt qu’autoritaire dans la prise de décisions au sein de l’organisation. Certaines phrases, telles que « c’est comme ça que les choses se font ici et pas autrement! » ou bien « C’est moi qui dirige ici», ne font pas partie du vocabulaire du leader-serviteur. Il n’abuse pas de son autorité. Greenleaf dira que cette qualité est sublime et l’une des distinctions les plus claires entre le modèle directif traditionnel de leadership et celui du leadership-serviteur.

La conceptualisation :

Le leader-serviteur est la personne qui a une vision de l’avenir et sait la partager avec les autres. Il établit les objectifs et les stratégies pour répondre aux préoccupations de l’organisation.

La Prévoyance :

Le leader-serviteur n’oublie jamais les expériences du passé. Il comprend les réalités du présent et appréhende les conséquences d’une décision dans le futur. Il possède un esprit créatif et sait faire preuve d’un bon jugement.

La Gérance :

Robert K. Greenleaf s’exprime avec clarté sur la gérance, cette autre caractéristique du leader-serviteur. Le leader-serviteur gère toutes les ressources à sa disposition pour le bien de l’organisation, et non pas pour son bien propre ou son plaisir, voire sa satisfaction personnelle. Il gère les ressources pour le bien du groupe et en accepte la responsabilité pour le bien du groupe et non par soif de pouvoir.

L’Engagement envers le développement des personnes

On reconnaît le leadership-serviteur dans la personne qui est profondément engagée dans la croissance et l’épanouissement de chaque individu au sein de son organisation. Le leader-serviteur aime se faire mentor pour les autres, car il possède cette richesse de cœur qui le dispose à aider les autres à s’épanouir.

L’Engagement envers le développement de la communauté :

            Pour Robert K. Greenleaf un leader-serviteur possède cet esprit d’encourager la cohésion dans l’équipe favorisant la coopération et développant des groupes productifs. Il ne divise ni ne détruit la communauté, mais cherche à construire une communauté entre ses collaborateurs/trices.

Conclusion

Il y a un dicton qui stipule : « On ne naît pas leader, on le devient », même si le cas de Jésus en est l’exception puisqu’Il est né leader. Notre parcours dans cet article était de répondre à la question liée au leadership. D’après certaines recherches, il est très complexe d’expliciter qui est réellement un leader. Sans pour autant trop spéculer là dessus, le modèle popularisé par Robert K. Greenleaf est d’une grande valeur et mérite de ne pas être ignoré.

En fait, selon Robert K. Greenleaf, un leader est un serviteur. Il ne s’autoproclame pas, mais il est reconnu comme tel par un groupe qui en exprime le besoin et qui est en communication avec lui. Jésus-Christ en est le parfait modèle et la source du charisme. Sa vie n’était que service. Il ne s’est pas comporté comme un m’as-tu-vu, mais comme un serviteur, jusqu’à donner sa vie pour l’humanité. (Cf. Jean 3, 15). Le Christ est un exemple par excellence de ce modèle. Paradoxalement le titre de leader ne devrait pas être attribué à qui que ce soit. Le pouvoir ou la responsabilité ne font pas automatiquement d’une personne, un leader. On peut être un bon manager mais pas un bon leader. C’est la prédominance de certaines qualités et de certaines compétences reconnues par les autres qui peut faire d’un manager un leader, en l’occurrence l’esprit de service. « Ce qui signifie qu’il n’est jamais exclu qu’un imposteur, un parfait comédien, endosse le rôle du leader et mène tant bien que mal le groupe dont il est dès lors responsable. » Je le crie haut et fort et vous recommande d’adopter ce modèle de leadership-serviteur dans vos organisations malgré certaines faiblesses qui peuvent en découler.

Bibliographie

La Bible de Jérusalem
Frick, Don M. (2004). Robert K. Greenleaf: A Life of Servant Leadership. San Francisco: Berrett-Koehler Publishers.
Greenleaf, R. - K. (2003).The Servant-Leader Within: a Transformative Path, New York: Paulist Press.
Greenleaf, R. - K. (2002). Servant Leadership: A Journey into the Nature of Legitimate Power and Greatness (25th anniversary ed.). New York: Paulist Press.
Ken, B. & Miller, M. (2005). Comment développer son leadership. Éditions d’organisation.
Spears, L. C., ed (1998). Insights on Leadership: Service, stewardship, spirit, and servant-leadership. New York: Wiley.

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