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Les vraies causes de la crise économique européenne sont bien plus profondes que la question de la dette, explique Ettore Gotti Tedeschi, président de la Banque vaticane,
dans une tribune publiée le 21 juillet à la une de L’Osservatore Romano. « Les enfants sont les moteurs de la reprise », affirme son titre. Le problème des Etats-Unis et de « l’Europe des 20 » est bien le vieillissement démographique, avec une proportion croissante de la population âgée de de plus de 60 ans – environ 25 % aujourd’hui, contre moins 10 % dans les pays émergents.
« Le vieillissement de la population peut en réalité être considérée comme étant véritablement à l »origine de la crise économique en cours. Mais au cours de la prochaine décennie, ses conséquences risquent de ne plus être supportables, parce que le pourcentage toujours plus important de personnes qui sortent de leur phase productive entraînera un coût fixe impossible à supporter par ceux qui produisent. En outre, de moins en moins de personnes entrent dans le cycle productif, et quand elles y parviennent, c’est très lentement. »
Gotti Tedeschi note que les jeunes toujours moins nombreux ne pourront y faire face et risqueraient même alors de s’en aller, « surtout s’ils sont immigrés ».
Le banquier pointe aussi les « changements de structure de la consommation » liés au vieillissement : « moins de voitures, plus de médicaments », résume-t-il de manière volontairement ramassée. Sans compter la contraction de l’épargne, dont il prévoit « l’écroulement » parce qu’il aura fallu soutenir la consommation et qu’elle rend de moins en moins.
Ignorer de telles réalités est « dangereux », ajoute-t-il : c’est maintenant qu’il faut « définir des stratégies pour soutenir concrètement la famille dans sa vocation naturelle à avoir des enfants ».
« C’est de cette manière seulement que pourra s’amorcer une véritable reprise économique. Une famille d’aujourd’hui avec deux salaires gagne moins que ce que la même famille gagnait avec un seul revenu. C’est la conséquence de la pression accrue des impôts par rapport au produit intérieur brut, qui a doublé au cours de la même période pour absorber les conséquences du vieillissement dû à l’effondrement des naissances. »
C’est à ce prix, prévient Ettore Gotti Tedeschi, que les pays vieillissants pourront s’occuper de leurs anciens : « investir dans la famille et dans les enfants pour engendrer une croissance économique rapide grâce à l’activation de facteurs comme l’augmentation de la demande, de l’épargne et de l’investissement ». |