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| CONGO : JUBILÉ D'OR ASUMA-USUMA |
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| Scritto da Roger WAWA, ssp |
| Venerdì 19 Novembre 2010 08:44 |
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Honorables, Frères et Sœurs dans la vie missionnaire, Alors que se préparait, dans l’effervescence, l’accession de la RDC à l’indépendance en 1960 et que déjà en 1959 la hiérarchie ecclésiastique était pleinement constituée par l’érection des diocèses au Congo, les Congrégations religieuses masculines et féminines ont estimé que le temps était désormais arrivé de repenser leur présence dans l’Eglise du Congo. Après avoir accompagné la fondation de l’Eglise du Congo en acteurs de première ligne, les congrégations religieuses ont voulu fournir l’effort de s’approprier leur véritable mission qui est celle de féconder l’action de l’Eglise par le charisme propre de la vie consacrée et de s’insérer dans la pastorale d’ensemble de cette église, sous la houlette des nos Pères les Evêques, à travers les types d’apostolat spécifiques à nos congrégations, qui s’expriment dans une diversité de vocations et missions de la vie consacrée.
C’est pour conjuguer ensemble des efforts sur cette voie qui allait demander à la fois une bonne dose d’humilité et un grand sens de créativité que les congrégations ont décidé de constituer en avril 1960 l’Assemblée des Supérieurs Majeurs du Congo, en sigle ASUMA, pour les congrégations masculines et en août 1961 l’Union des Supérieures Majeures, en sigle USUMA, pour les congrégations féminines. Les Comités des deux institutions ont décidé d’unir dans une même célébration ce double jubilé d’or. Nous avons donc l’insigne honneur de lancer aujourd’hui les célébrations de l’année jubilaire ASUMA-USUMA qui va du 24 octobre 2010 au 1er décembre 2011. Au cours de cette année jubilaire, quelques initiatives importantes sont programmées, notamment, le colloque sur la formation dans la Vie consacrée qui débutera demain, l’exposition missionnaire qui aura lieu à la fin du mois de janvier 2011 et le colloque sur la réconciliation dans la Vie consacrée qui se tiendra à Goma 6 mois plus tard. Cette année jubilaire constitue pour nous, personnes consacrées, un moment propice pour repenser notre agir missionnaire dans l’Eglise de la RDC à la lumière des enseignements que nous propose la Parole de Dieu à l’occasion de ce dimanche des missions. «Allez donc, de toutes les nations faites des disciples» (Mt 28,19), dit Jésus aux 11 apôtres. Le Christ les exhorte à la mission universelle, mission sans frontières géographiques, mission sans frontières culturelles. Mission sans frontières géographiques. Dans le livre des Actes des Apôtres, la géographie théologique de Luc prête à la Parole de Dieu une trajectoire qui part de Jérusalem, franchit les frontières de la Judée puis celles de la Samarie avant d’atteindre les extrémités de la terre (Ac 1,8). A l’instar des disciples du Christ dans les Actes des Apôtres, mus par un zèle missionnaire hors paire, les missionnaires venus de l’occident au siècle passé ont bravé les frontières géographiques et se sont déployés même dans les coins les plus reculés de notre pays où ils ont bâti églises, cures, écoles, centres de santé, hospices et différentes œuvres d’évangélisation. Ils se sont identifiés au destin du peuple congolais si bien que certains y ont laissé leur peau. Le cas des sœurs des Pauvres de Bergame victimes de la maladie Ebola en 1995 ressemble à une véritable épopée missionnaire où la bravoure et l’audace rivalisent avec la générosité et le dévouement. D’autres missionnaires périront dans les guerres successives et le climat d’insécurité que le pays a connus au fil des années. La sœur Clémentine Anuarite, certains missionnaires dominicains, spiritains et autres en feront les frais sans oublier la sœur Dénise Kahambo cruellement abattue le 7 décembre 2009 à Muresha. En cette année jubilaire, toutes ces personnes consacrées, ces vrais martyrs de l’Evangile qui ont lavé leurs tuniques dans le sang de l’agneau (Ap 7,14), méritent un monument. Excellences, Honorables, Frères et Sœurs dans la vie missionnaire, De nos jours, la mission sans frontières géographiques demeure un défi de taille. Alors qu’on note actuellement la concentration des personnes consacrées au Sud du pays au grand dam du Nord, le zèle missionnaire nous invite à franchir les frontières vers le Nord, vers les populations qui attendent impatiemment l’Evangile du Seigneur. C’est ici l’occasion de rendre un vibrant hommage aux personnes consacrées qui ont renoncé au confort des centres urbains pour habiter parmi les populations les plus démunies. Le père Manzocato et la sœur Damien Coligno, tous deux apôtres des pygmées, le Père Franc Roelanes, pionnier de la pastorale de la route en RDC, apôtre des enfants du cœur (ex-enfants de la rue), sans oublier d’autres religieux et religieuses qui ont choisi de vivre pauvre parmi les pauvres, devraient nous servir de référence en cette année jubilaire. Mission sans frontières culturelles. Il nous faut aussi franchir les frontières culturelles en tâchant de promouvoir le dialogue entre la foi et les différentes cultures, dans une société multiethnique, à l’heure de l’interculturalité. Dans ce registre de dialogue entre foi et culture, comment ne pas honorer la mémoire de ces missionnaires qui ont contribué énormément à la promotion de nos langues et cultures. Ils se sont évertués à traduire la Bible en nos langues locales, ils ont publié des dictionnaires en nos langues, ils ont produit des textes importants sur nos coutumes, un travail louable dû à leur passion pour l’apostolat de la culture. Les noms tels que Gustave Hulstaert, Alfons de Smet et autres méritent, sur ce point précis, une mention particulière. L’on ne saurait pas non plus oublier le nom de Boka di Mpasi, ce religieux polyvalent – théologien, poète et musicien – qui, dans un merveilleux exercice de dialogue entre foi et culture, a légué à la postérité deux hymnes nationaux où l’on trouve codifiées les valeurs humaines et spirituelles fondatrices d’une nation qui se veut souveraine, démocratique et prospère. Aujourd’hui, à l’heure de l’interculturalité, il nous revient de poursuivre cette œuvre de dialogue entre foi et culture, en vue de l’élaboration d’une culture humaniste et chrétienne (Vita consecrata, 98) dont notre société a tant besoin. D’autres missionnaires ont insufflé la culture chrétienne dans les différents secteurs de la vie sociale de notre pays, dans les domaines du sport, de la musique, de l’art, des communications sociales, etc. Raphael de la Kethule, fondateur de l’équipe du DCMP, les bénédictins du Katanga, fondateurs du Tout Puissant Mazembe, le Frère Marc Wallenda, fondateur de l’Académie des beaux-arts, le père Buffalo, initiateur du groupe Minzoto welawela, se sont révélés ainsi apôtres des sportifs, des musiciens et des artistes. A l’instar de ces grands missionnaires, il nous faut aujourd’hui inventer de nouvelles stratégies afin qu’aucun secteur de la vie n’échappe à l’Evangile. Excellences, Honorables, Frères et Sœurs dans la vie missionnaire, Jésus envoie ses apôtres en mission dans un contexte particulier. La communauté des apôtres est diminuée numériquement : dépourvue de Judas, ils sont restés à 11. L’on remarque aussi que la communauté des apôtres est diminuée spirituellement : arrivés sur la montagne où les attendait le Seigneur, certains apôtres sont incapables de reconnaître le Ressuscité (cf. Mt 28,17). Et pourtant, bien que la communauté des apôtres accuse des insuffisances, Jésus les envoie en mission. C’est dire que la mission est une urgence à réaliser à tout prix nonobstant les aléas qui peuvent surgir dans nos communautés. «La Parole de Dieu ne doit pas être enchaînée» (2Tm 2,9). Les apôtres s’en vont ainsi en mission sans Judas, l’économe de la communauté (Jn 13,29) ; ils s’en vont annoncer l’Evangile, n’ayant qu’une seule garantie : la compagnie du Seigneur qui leur a promis sa présence jusqu’à la fin des temps (Mt 28,20). Bien que les exigences financières entrent énormément en jeu dans la mission d’annoncer l’Evangile, elles ne sont pas aussi importantes que la communion avec le Christ qui nous redit aujourd’hui : «Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps» (Mt 28,20). Loin d’être une entreprise aux fins mercantiles, l’évangélisation est d’abord la connaissance du Christ, la reconnaissance de sa présence parmi nous, la rencontre avec lui, la communion avec lui. La mission est une question de «rencontre avec l’amour de Dieu qui transforme l’existence», nous rappelle le Pape dans son message à l’occasion de cette journée des missions. Etre missionnaire, c’est d’abord vivre en communion avec le Christ. C’est ici l’occasion de rendre un hommage particulier à tous les moines et à toutes les moniales qui, par leur vie, nous rappelle l’importance de la dimension contemplative de la vie missionnaire. Soyons des experts en communion (avec le Christ), alors nous serons en mesure de montrer Jésus à ceux qui désirent le voir, comme nous le demande le Pape en ce Dimanche des missions, comme nous l’a demandé l’Archevêque de Kinshasa dans son message à l’occasion du jeudi saint 2009. “Puisse « Dieu (qui) aime celui qui donne avec joie » (2 Co 9, 7), vous combler de ferveur spirituelle et de joie profonde” (Benoît XVI). Cathédrale Notre-Dame du Congo, le 24 octobre 2010 |
| Ultimo aggiornamento Venerdì 19 Novembre 2010 08:48 |




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