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LETTRES A UN AMI DECEDE PDF Stampa E-mail
Scritto da Fr Rombaut Ngaba, IMC, P. Lázaro Esnaola Ramón, IMC, Père Matthieu Kasinzi, IMC - Djibouti   
Giovedì 04 Novembre 2010 00:00

1 - Fr Rombaut Ngaba, IMC

 

Mon bien aimé François,

Repose dans la paix, Serviteur bon et fidele… Nous avons appris la nouvelle de ton départ vers la maison du Père sur la route Abidjan –Marandallah ensemble avec les pères André Nekpala, Victor Kota, Jean Willy Ipan et moi… un silence entre nous, voilà les larmes qui coulent à mes yeux et d’un coup l’un d’entre nous invite à réciter pour ton repos eternel le mystère douloureux.

François je t’ai connu au séminaire et depuis ce jour notre fraternité est devenue une réalité familiale. Tu as trop souffert dans la sérénité. Tu nous as laissé un exemple d’une personne qui rassemble car autour de toi il faisait bon d’être, de t’écouter, de te parler et de nous parler … surtout de nous conseiller.


Moi j’ai eu la chance de préparer ton ordination sacerdotale dans ton village à Obongoni…nous avons partagé une bonne expérience de foi. Ta famille est la mienne soit à Isiro où à Obongoni. A Kinshasa tu as visité plusieurs fois la mienne. Aujourd’hui tu nous laisses Maman Marie, ne te préoccupe pas mon frère ! Toi, reposes dans la paix du Seigneur.

De ton vivant celui qui te regardait François malade ne pourrait pas te reconnaitre, il portait une fausse image de toi. Et toi-même tu étais conscient de ta situation et ce qui se passait en toi. De ton vrai image, tu le partageais avec tes intimes. Combien de fois en parlant avec moi, comme ton frère tu me disais : « …mutu na ngai ezalaki ebebi …na yebi eloko te !.... » Cela se confirme quand j’ai été à l’infimerie de Turin pendant mon opération, où une infirmière me disait : « … la crise de François était forte de fois il m’attaquait mais je savais que ce n’était pas lui… quand tout passait, il me demandait pardon…c’était un bon garçon,… » Entre toi et moi, il y a eu toujours ce sens de partage, de s’encourager, de se soutenir dans la prière et surtout de se donner de bon conseil.

Tu as vécu ta vie avec le bon sens, équilibré….

Tu aimais la mission surtout en Cote d’Ivoire où nous sommes resté ensemble très peu de temps seulement, et voilà la maladie qui te fait partir, qui change tout ton programme de vie missionnaire comme tu le souhaitais, comme tu l’espérais… mais le Seigneur te veut comme Père François de la Passion… la mission et la passion vont ensemble. Tu as célébré toujours cette passion dans ta vie quotidienne, à travers la messe avec respect et dignité.

Tu as écouté tout le monde, tu as donné beaucoup aux gens : la prière, la confiance, le courage… si tu pouvais tu restais en compagnie avec nous, sinon tu disais à tes amis je me retire pour me reposer ! Voilà notre François dans sa nouvelle mission. Dans cette solitude, tu avais le temps de prier, de travailler, de lire et réfléchir.

Je te vois avec tes capacités sportives de Lingondo que tu avais amené au séminaire à Kinshasa, au service de tes frères séminaristes même dans la pastorale, tu le partageais avec les autres.

Ton attention à visiter nos famille est une chose forte… tu es le missionnaire qui visitait beaucoup nos famille, nous qui sommes en mission parce que tu as été ouvert.

Merci pour qu’IMC RDC ait un vrai missionnaire de la Consolata en toi, tu resteras éternellement IMC… Que ta mort porte du fruit pour la paix en RDC et la paix en Cote d’Ivoire surtout au Nord (Dianra et Marandallah) là où tu as essayé de travailler mais le Seigneur ta demander ce que toi-même tu n’avais pas envie … tu as accepté. François homme et prêtre de paix, François…moninga…. Ils sont nombreux qui pensent à toi.

François je sais que tu nous pardonne toute les fois que nous n’avons pas eu le temps de te comprendre quand tu en avais besoin. Pardon est un comportement que tu as vécus , tu nous invites à vivre à le mettre en pratique dans notre vie pour que la fraternité règne et soit une réalité dans nos communauté.

François humble serviteur

Qui par le monde entier a voulu

Annoncé la bonne nouvelle

Tu as été cloué dans cette maladie.

Tu n’es pas resté ferme,

Tu as cherché dans la simplicité de ta vie

Montré au monde que tu es Prêtre-Missionnaire

Nous tes frères, nous tes sœurs,

Nous tes amis

Nous ta famille, tes familles

Te disons reposes toi dans la Paix

Cette Paix devienne pour nous

Force pour continuer notre vie de frère et sœur

Dans le Pardon et la fraternité.

Dans le paradis

Intercèdes pour nous

Sois notre avocat auprès des saints

Que le paradis réservait aux missionnaires

Te soit doux comme toi tu as été doux.

Avec Foi … à nous revoir un jour

Auprès du Père.

 


2 - P. Lázaro Esnaola Ramón, IMC


Tu es parti sans demander la permission. Ça ne va pas avec ta façon d'être. Tu étais un homme poli, tu soignais la forme car elle était expression du fond, du contenu.

Tu sais, P. François, une fois j'ai lu quelque part que la meilleure façon de pleurer un défunt c'est de continuer à arroser le jardin qu'il a labouré. Et c'est cela que je prétend faire maintenant.

Tu aimais la terre, le travail la jeunesse, la famille, le partage, la confidence, l'étude, le sport, la musique, l'eau, les langues, la prêtrise, la Bible, l'Église et la mission. Probablement, j'oublie quelque sillon de ton jardin car nous tous avons des passions intimes.

L'autre jour, au Théologat, je disais que je peux condenser ma vie avec toi en trois grands moments :

  1. Le temps vécu ensemble dans la mission en Côte d'Ivoire.

  2. Les soirées de partage l'année passée, ici, à la Maison Régionale.

  3. Les moments de crises vécus en côte d'Ivoire et ici.

Mon premier souvenir en Côte d'Ivoire est dans l'eau, dans la plage de San Pédro. Là-bas j'ai découvert une de tes passions : la natation. Tu te sentais libre, à l'aise relaxé, tu ne te fatiguais pas. L'eau était comme une parabole de l'amour de Dieu qui t'entourait et pénétrait. Tu sentais sa fraîcheur et ses caresses. (Je rappelle encore ta reconnaissance envers le P. Bernard l'autre jour quand il est venu te chercher pour t'amener à la piscine chez eux). Parler de l'eau, dans une certaine mesure, c'est parler du P. François.

Après la plage, tu es venu à la mission où je travaillais et tu t'es consacré à l'apprentissage de la langue locale. Tu as passé environ trois mois dans la mission et nous sortions presque chaque jour pour rendre visite aux familles. Tu amenais toujours ta flute et grâce à ton sens musical tu jouais les chants des Sénoufo. Les gens étaient déconcertés et admirés de tes qualités musicales. Tu leur rendais la joie malgré le souffrances quotidiennes. Ils t'ont donné même en prénom de leur culture : « Nanlourou », « l'homme qui retourne », peut-être car ils avaient toujours l'espoir de te revoir un jour.

Mais ce que j'aimais davantage ce que tu étais simple pour la vie communautaire. Nous étions de cultures différentes mais les gens pensaient que nous nous connaissions depuis notre enfance. C'était le plus beau témoignage que nous puissions donner à la communauté chrétienne et villageoise.

Comme je disais, un deuxième moment vécu ensemble a été l'année passée ici, à Kimbondo. Pendant quatre mois nous nous retrouvions la soirée presque chaque deux ou trois jours pour partager notre état d'esprit. C'était un moment de confidence, de sincérité, d'authenticité... du Royaume, je dirais. Nous parlions du temps que nous étions en train de vivre, de la difficulté pour concrétiser la vocation missionnaire dans la situation dans laquelle on était.

Ces moments m'ont fait croire davantage à la fraternité, à la possibilité de construire une relation qui dépasse les origines culturelles pour se retrouver comme fils d'un même père, Allamano, et d'une même Mère, la Consolata.

Je sentais que tu m'appréciais beaucoup malgré mes faiblesses et limitations et tu étais pour moi plus qu'un confrère. Tu étais un frère, un confident et un ami. Parfois on se rappelait du temps vécu ensemble en Côte d'Ivoire et d'autres fois on partageait notre mission actuelle. P. François, je te remercie vraiment pour ton amitié gratuite et proche.

Je parlais d'un troisième moment vécu ensemble et cela a été les crises que tu as eu en Côte d'ivoire et ici, au Congo. Ils ont été des moments très durs, j'avais en face à moi une personne qui montrait ouvertement sa souffrance, sa lutte intérieure pour réconcilier la fidélité à l'appel reçu et l'ambigüité propre de tout être humain.

Ce qui m'a touché davantage ce que malgré ces moments d'obscurité, tu arrivais à me reconnaître et à te laisser accompagner. Aussi ces moments-là m'ont montré comment tu étais têtu et c'est probablement cet entêtement qui te donnais la force pour te reprendre et continuer en avant.

P. François, je pourrais continuer à décrire ton jardin, le jardin que tu as labouré : les équipes du sport ; ta passion pour la Parole de Dieu et l'étude ; ta tension pour être fidèle au ministère et proche des gens ; ton souci pour les Laïcs de la Consolata qui travaillaient au nord... beaucoup, beaucoup de sillons que tu as labouré.

P. François, je termine en te remerciant. Si nous sommes aujourd'hui ici, c'est parce que tu nous as marqué. Tu as été un missionnaire de la Consolata significatif pour beaucoup d'entre nous. Que le Seigneur t'accueille dans sa miséricorde et que, face à lui, puisse-tu ouvrir tes mains et ton cœur remplis de toutes les personnes que tu as aimé. Merci, Père.

 

 

3 - Père Matthieu Kasinzi, IMC - Djibouti.


Bien Chers Confrères et amis, une fois de plus le Seigneur a visité notre Famille Religieuse et a pris avec Lui son fidèle Serviteur François. Oui, c'est Lui qui nous choisi, Il nous appelle, Il nous envoie comme ses missionnaires et Il nous rappelle vers Lui quand Il en décide.

Tenons bons, tout en pleurant notre bien aimé confrère, n'oublions pas de rendre grâce à Dieu pour le don précieux qu'il a fait à notre famille missionnaire en faisant de François un missionnaire de la Consolata. Oui, certains diront que le Père François n'a pas pu exercer son ministère à cause de la maladie. Mais, laissez-moi vous dire que le Père François a vécu la mission de la manière la plus profonde en tant que témoin de la croix du Christ parmi les siens. J'ai beaucoup partagé avec le Père François en Italie alors qu'il sortait d'une crise et j'ai eu la chance de l'accompagner dans son dernier voyage le 17 Janvier 2009, de Torino (Italie) à Kinshasa en passant par Paris. A maintes reprises, il m'a dit qu'il acceptait toutes ses maladies comme sa contribution à ce qui manquait aux souffrances du Christ.

De ce fait, Père François a eu et vécu la mission d'etre au pied de la croix pour vivre de plus près les souffrances du Christ à coté de Marie, la Vierge Consolata, Notre Mère et notre Patronne. Voilà la Mission que François a reçue du Maitre de la moisson.

Rendons Grace au Seigneur pour la fidélité manifestée par François face à une mission si délicate et supplions la miséricorde divine pour ses fautes liées à notre humanité.

 

FRANC, Repose En PAIX et étant près du Seigneur, prie pour notre Famille Missionnaire que tu as tant aimé !!!

Ultimo aggiornamento Giovedì 04 Novembre 2010 09:32
 

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