|
|
|
SECTION
III
ENSEIGNEMENT SOCIAL DE L'ÉGLISE ET
ANALYSE SOCIALE
3.1.
ENSEIGNEMENT SOCIAL DE L'ÉGLISE
3.1.1 Introduction et aperçu historique
La publication
de Rerum Novarum en 1891 a marqué le début du développement
d'un corps d'enseignement social nettement identifiable de l'Église
catholique. Il traite des personnes, des systèmes et des
structures, les trois coordonnées de la promotion moderne
de la justice et de la paix, qui font maintenant partie intégrante
de la mission de l'Église. Dans les années qui ont
suivi, il y eut de nombreuses encycliques et de nombreux messages
sur les problèmes sociaux; d'autre part, diverses formes
d'action catholique se sont répandues en différentes
parties du monde et l'on a enseigné l'éthique sociale
dans les écoles et les séminaires. Mais il fallut
attendre Vatican II et la Constitution Pastorale sur l'Église
et le monde moderne pour trouver la formulation de ce qui apporta
un changement dans l'attitude générale de l'Église
quant à sa présence au monde, et un appel à
constituer le Conseil Pontifical "Justice et Paix" pour
aider l'Église à répondre aux défis
du monde.
La Constitution dogmatique sur l'Église indique en même
temps que c'est aux laïcs que revient le premier rôle
pour remplir le devoir universel d'aider le monde à atteindre
sa fin dans la justice, la charité et la paix (cf. LG n°36).
Dans le document sur l'apostolat des laïcs, il revient aux
pasteurs "d'énoncer clairement les principes concernant
la fin de la création et l'usage du monde, et d'apporter
une aide morale et spirituelle pour que les réalités
temporelles soient renouvelées dans le Christ" (Apostolicam
Actuositatem n°7 ). La création du Conseil Pontifical
après la publication en 1968 de l'encyclique Populorum
Progressio, a conduit à créer à l'époque
beaucoup de commissions locales et à développer
dans les ordres religieux une nouvelle conscience de leur mission.
Le Synode des Évêques de 1971 fait date aussi pour
la compréhension par l'Église de sa mission. A ce
synode, sous le titre "La Justice dans le Monde", les
évêques ont prononcé les paroles souvent citées
maintenant: "Le travail pour la justice fait partie intégrale
de la mission d'évangélisation de l'Église"
(n°8). Le Pape Jean Paul II a poursuivi cette réflexion
et cet engagement dans plusieurs encycliques et de nombreuses
déclarations au cours de ses visites pastorales.
Dans "Centesimus Annus", le Pape Jean Paul II résume
le passé: "Au cours des cent dernières années,
l'Église a manifesté sa pensée à maintes
reprises, suivant de près l'évolution continue de
la question sociale, et elle ne l'a certes pas fait pour retrouver
des privilèges du passé ou pour imposer son point
de vue. Son but unique a été d'exercer sa sollicitude
et ses responsabilités à l'égard de l'homme
qui lui a été confié par le Christ lui-même...
la seule créature sur terre que Dieu ait voulue pour elle-même...
Il ne s'agit pas de l'homme 'abstrait', mais réel, de l'homme
'concret', 'historique'. Il s'agit de chaque homme, parce que
chacun a été inclus dans le mystère de la
Rédemption, et Jésus-Christ s'est uni à chacun,
pour toujours, à travers ce mystère. Il s'ensuit
que... cet homme est la première route que l'Église
doit parcourir en accomplissant sa mission..., route tracée
par le Christ lui-même, route qui, de façon immuable,
passe par le mystère de l'Incarnation et de la Rédemption.
La doctrine sociale, aujourd'hui surtout, s'occupe de l'homme
en tant qu'intégré dans le réseau complexe
de relations des sociétés modernes. Les sciences
humaines et la philosophie aident à bien saisir que l'homme
est situé au centre de la société, et à
le mettre en mesure de mieux se comprendre lui-même en tant
qu'être social'. Mais seule la foi lui révèle
pleinement sa véritable identité, et elle est précisément
le point de départ de la doctrine sociale de l'Église
qui, en s'appuyant sur tout ce que lui apportent les sciences
et la philosophie, se propose d'assister l'homme sur le chemin
du salut." (Centesimus Annus, n°53-54).
Les principes qui sont au centre de l'enseignement de l'Église
sont les suivants:
o La vie, la dignité et les droits de la personne humaine.
La mesure povir toute action entreprise devrait être la
façon dont elle contribue à protéger la vie
humaine, promouvoir la dignité humaine et respecter les
droits de l'homme. C'est là le fondement de l'enseignement
de l'Église concernant la guerre, la paix et la vie sociale.
o L'option préférentielle pour les pauvres. Dans
l'enseignement social catholique, les pauvres et les sans défense
ont les premiers "droits" pour orienter notre conscience
et nos actions. Si ce langage est nouveau - venant d'Amérique
Latine - il a été adopté par l'ensemble de
l'Église comme expression actualisée de Matthieu
25 : nous serons jugés sur la façon dont nous avons
répondu au "moindre de ceux-ci".
o Solidarité. C'est un principe de base pour façonner
un monde nouveau. C'est une expression morale d'interdépendance
entre les humains, un rappel de ce que nous sommes une famille,
quelles que soient nos différences de race, de nationalité
et de pouvoir économique. Les habitants de terres éloignées
ne sont pas des ennemis ou des intrus, les pavivres ne sont pas
des poids lourds, ils et elles sont des frères et des surs
blessés dans leur vie et leur dignité, que nous
sommes appelés à protéger.
Un des grands défis qu'il nous faut relever après
la période de la "guerre froide" est celui de
promouvoir et de fortifier la paix. Faire la paix demande de construire
des structures de paix et pas seulement de proclamer un idéal
de paix. La véritable paix amène avec elle la possibilité
de développement, et le développement à son
tour renforce la paix.
Alors que l'Église continue à développer
son enseignement, les événements mondiaux continuent
à exiger une réflexion plus approfondie et une spiritualité
qui donne plus de force et de capacité de persévérer
devant l'adversité. Nous avons besoin d'une spiritualité
qui puisse convaincre les coeurs que c'est l'amour gratuit de
Dieu qui sera, pour finir, la solution à tous les maux
du monde. Dans ce contexte-là, comme chrétiens,
nous devons jouer notre rôle en rendant plus forte la prise
de conscience du plan de Dieu, en jugeant tout ce qui se passe
dans le monde sur la base de ce plan et en nous engageant à
oeuvrer pour la justice jusqu'à ce qu'il vienne.
3.1.1.1
Liste des Encycliques Sociales où les thèmes de JPIC
sont traités.
1891:
Léon XIII: Rerum Novarum (sur la Condition des Ouvriers)
o fait ressortir les droits et les responsabilités du capital
et du travail;
o décrit le rôle propre du gouvernement;
o protège les droits des travailleurs à s'organiser
en formant des associations pour obtenir un salaire juste et des
conditions de travail justes.
1931: Pie XI: Quadragesimo Anno (sur la Restauration de l'Ordre
Social)
o dénonce les effets pervers de la cupidité et de
la concentration du pouvoir économique sur les travailleurs
et sur la société;
o appelle à une répartition équitable des biens
selon les exigences du bien commun et de la justice sociale;
o protège le droit à la propriété et
en élargit la possibilité; affirme son but social
et l'harmonie qu'il favorise parmi les classes sociales.
1961: Jean XXIII: Mater et Magistra (Christianisme et Justice Sociale)
o déplore le fossé grandissant entre nations riches
et pauvres, la course aux armements et la situation critique des
paysans;
o affirme le droit pour les employés d'avoir leur part dans
la propriété, l'organisation et les profits liés
aux biens communs;
o plaide pour l'aide aux pays moins développés, sans
idée de domination;
o fait de la doctrine sociale chrétienne une partie intégrante
de la vie chrétienne: appelle les chrétiens à
oeuvrer pour un monde plus juste.
1963: Jean XXIII: Pacem in Terris (Paix sur la Terre)
o affirme que tous les Droits de l'Homme sont le fondement de la
paix;
o appelle au désarmement;
o reconnaît à toutes les nations une égale dignité
et le droit de se développer par elles-mêmes;
o plaide pour que soit revue l'attribution des ressources et contrôlé
les politiques des organismes multinationaux;
o plaide pour des politiques publiques qui facilitent la réinsertion
des réfugiés;
o propose une société basée sur la subsidiarité;
o reconnaît une autorité publique mondiale pour promouvoir
le bien commun universel : l'Organisation des Nations Unies;
o intègre la foi et l'action.
1965: Concile du Vatican: Gaudium et Spes (L'Église dans
le Monde de ce Temps)
o déplore une pauvreté grandissante au niveau mondial
et la menace d'une guerre nucléaire;
o base les décisions politiques et économiques sur
la dignité humaine;
o voit la paix comme un ordre dans la société résultant
de la justice;
o préconise de bâtir la communauté internationale
sur la subsidiarité;
o préconise de créer des organisations pour promouvoir
et harmoniser le commerce mondial;
o déclare qu'il est de la responsabilité des chrétiens
de travailler dans des structures au service d'un monde avec plus
de justice et de paix.
1967: Paul VI: Populorum Progressio (sur le Développement
des Peuples)
o affirme le droit à un développement humain intégral
pour les nations pauvres;
o critique les structures économiques qui favorisent l'inégalité;
o reconnaît qu'un développement authentique ne se limite
pas à la croissance économique;
o préconise le partage des ressources au moyen de l'aide,
de l'assistance technique, de relations commerciales basées
sur la justice, et que soit créé un Fonds Mondial
pour faire servir aux pauvres l'argent actuellement utilisé
pour l'armement;
o dit que la propriété privée n'est pour personne
un droit absolu;
o fixe des obligations de la part des multinationales : ces firmes
devraient être initiatrices de justice sociale;
o plaide pour un accueil des jeunes et des travailleurs qui émigrent
des nations pauvres.
1971: Paul VI: Octogesima Adveniens (Appel à l'Action)
o appel à une action politique pour une justice économique;
o appel à une analyse objective de la situation dans la société
où l'on vit, identifiant ce qui se fait pour la justice;
o appel aux chrétiens et aux églises locales à
répondre aux situations d'injustice;
o appel à une action politique pour les changements qui s'imposent.
1971: Synode des Évêques: la Justice dans le Monde
o appuie l'adhésion à la Déclaration des Droits
de l'Homme des Nations Unies;
o soutient le droit à un développement qui comprenne
à la fois la croissance économique et la participation
économique et politique de la population;
o appelle à mettre un frein à la course aux armements
et à leur commerce;
o reconnaît le péché individuel et social;
o demande que la politique de l'Église comme son style de
vie soient basés sur la justice de manière à
être crédible en prêchant la justice.
o affirme que l'action pour la justice est constitutive de l'identité
chrétienne.
1975: Paul VI: Evangelii Nuntiandi (L'Évangélisation
dans le Monde Moderne)
o annoncer l'Évangile comme libération de tout ce
qui opprime l'être humain, aider à cette libération,
en être le témoin et s'employer à son avancée;
o considérer la justice sociale comme partie intégrante
de la foi; traduire en actes l'enseignement social;
o intégrer la transformation personnelle et celle de la société.
1979: Jean-Paul II: Redemptor Hominis (Le Rédempteur de l'Homme)
o prendre les Droits de l'Homme comme principe fondamental pour
tout programme, système et régime;
o changer les investissements pour l'armement en investissements
pour la nourriture et tout ce qui est au service de la vie;
o s'interdire de dévaster la terre;
o oeuvrer ensemble à la transformation des structures économiques.
1981: Jean Paul II: Laborem Exercens (sur le Travail Humain)
o affirme la dignité du travail basée sur la dignité
du travailleur;
o lie l'engagement pour la justice à la poursuite de la paix;
o demande que l'on vise à donner de justes salaires, à
donner accès à la propriété
et au partage au niveau de l'administration comme des profits liés
au travail;
o affirme le droit pour tous les travailleurs à former des
associations et à défendre
leurs intérêts vitaux;
o demande que les travailleurs immigrés soient traités
selon les mêmes règles que
les citoyens;
o demande la justice devant l'emploi comme responsabilité
tant de la société que
de l'employeur ou du travailleur.
1987: Jean Paul II: Sollicitude Rei Socialis (Intérêt
de l'Église à la Question Sociale)
o faire connaître l'enseignement de l'Église, particulièrement
l'option pour les pauvres;
o promouvoir une volonté politique pour créer de justes
mécanismes en vue du bien commun de l'humanité;
o affecter les ressources utilisées pour l'armement à
soulager la misère humaine;
o reconnaître l'injustice fondamentale liée à
la réalité du petit nombre qui possède tant
et du grand nombre qui n'a presque rien;
o prévoir un développement qui respecte la nature;
o appeler à la conversion à la solidarité,
découlant de la nécessaire interdépendance;
o identifier les structures qui font obstacle au plein développement
des peuples;
o réformer le commerce mondial et les systèmes financiers;
o dénoncer les structures de péché.
1991: Jean Paul II: Centesimus Annus (Centenaire de "Rerum
Novarum")
o reconnaître l'échec tant de l'économie du
système socialiste que de l'économie de marché;
o alléger ou remettre la dette des pays pauvres;
o désarmer;
o simplifier les styles de vie et éliminer le gaspillage
dans les pays riches;
o développer des politiques publiques pour le plein emploi,
et la sécurité de l'emploi;
o créer des institutions pour le contrôle des armements
o appeler les nations riches à limiter leur ambition quant
au revenu et au pouvoir.
1994: Jean Paul II: Tertio Millennio Adveniente (Jubilé de
l'An 2000)
o Engagement en faveur de la Justice et de la Paix;
o Engagement à élever nos voix en faveur des pauvres
du monde;
o Engagement à réduire substantiellement ou à
annuler complètement la Dette Internationale;
o Engagement à réfléchir sur les difficultés
du dialogue entre les cultures et sur les problèmes liés
aux droits de la femme.
1995: Jean Paul II: Evangelium Vitae (L'Évangile de la Vie)
Reconnaissance de la valeur sacrée de la vie humaine depuis
le commencement jusqu'à la fin.
Condamnation des forces négatives que sont:
o la violence faite à la vie de millions d'êtres humains,
spécialement des enfants,
§ victimes de la pauvreté, de la malnutrition, de la
famine, à cause d'une
§ distribution non équitable des ressources;
§ les guerres et le commerce des armes;
§ la destruction de l'environnement;
§ le commerce criminel de la drogue;
§ le laisser-aller face à certains types de comportements
sexuels qui, en plus d'être
§ moralement inacceptables, entraînent aussi de graves
dangers pour la vie;
§ l'avortement provoqué, dénoncé comme
étant une "structure de péché";
§ l'infanticide de bébés nés avec un handicap
ou une maladie graves;
§ l'euthanasie qui devient légalisée;
§ le contrôle des naissances comme moyen de contrôler
la croissance
§ démographique des pays pauvres;
§ le suicide assisté.
3.1.1.2 Thèmes sur l'Enseignement Social
de l'Église
ANTHROPOLOGIE
CHRÉTIENNE
a) Dignité de l'être humain, image de Dieu
o Divinis Redemptoris, 30 et 32-33
o Mater et Magistra, 22; 115; 218-220; 253
o Pacem in Terris, 13; 28-34 et surtout 4
o Gaudium et Spes, 9; 12; 15-16 ; 26 § 2; 31 § 2
o Ecclesiam Suam, 19
o Liberté chrétienne et Libération, 20; 34
o Laborem Exercens, 4-9
o Orientations, n° 31
o Catéchisme, 355-379; 1700-1709
b) L'être humain comme chemin de la mission de l'Église
o Gaudium et Spes, 1 et 3
o Evangelii Nuntiandi, 29; 31; 33; 35; 36; 38
o Redemptor Hominis, 13-14
c) Aspiration des êtres humains à la liberté
o Instruction sur la Liberté Chrétienne et la Libération,
1 et 38
d) Homme et Femme comme personnes solidaires/complémentaires
o Mater et Magistra, 59-67; 150; 218-219
o Pacem in Terris, 31
o Gaudium et Spes, 24-25
o Liberté Chrétienne et Libération 73
e) Égalité fondamentale pour tous
o Gaudium et Spes, 24 et 29
f) Primauté des personnes sur les structures
o Instruction sur la Liberté chrétienne et la Libération,
73; 75
o Gaudium et Spes, 31
o Redemptor hominis, 14
o Reconciliatio et Penitentia, 16
g) Structures de péché
o Gaudium et spes 13; 25-37
o Instruction sur la Liberté chrétienne et la Libération,
42; 75
o Sollicitudo Rei Socialis, 36; 37
o Centesimus Annus, 38
o Catéchisme, 385-412 ; 1846-1869
DROITS DE L'HOMME
a) Violation des Droits de l'Homme
o Gaudium et Spes, 27
o Octogesima Adveniens, 23; cf. RH, 17
o Sollicitudo Rei Socialis, 15; 26; 33
b) Aperçu sur les droits fondamentaux
o Pacem in Terris, 11-34; 75-79
o GS, 27; 79; 29; 60; 52; 75; 71; 67; 68; 65; 69; 59
o Octogesima Adveniens, 23
o Puebla, 3890-3893
o Redemptor Hominis, 17
o Sollicitudo Rei Socialis, 26; 33-34
c) Droits de l'Homme, exigence de l'Évangile
o Puebla: Discours d'ouverture (28 janvier 1979)
o Instruction sur la Liberté chrétienne et la Libération,
65
LE BIEN COMMUN
o Mater et Magistra, 65; 71; 78-81
o Pacem in Terris, 46; 54-66; 129-136
o Gaudium et Spes, 26; 74
o Populorum Progressio, 21; 24; 31; 38
o Octosesima Adveniens, 46
o Redemptor Hominis, 17
o Sollicitudo Rei Socialis, 26; 33-34
o Centesimus Annus, 19; 37-38; 47
o Catéchisme, 1897-1912; 2442
SOLIDARITÉ ET SUBSIDIARITÉ
a) Définition, corrélation et fondement
o Gaudium et Spes, 32; 69; 88
o Instruction sur la Liberté chrétienne et la Libération,
73
o Orientations, 38
o Catéchisme, 1883-1885; 1939-1942; 2437-2440
b) Solidarité
o Pie XH, Message Radio de Noël 1952; 26-27
o Pacem in Terris, 96-98
o Sollicitudo Rei Socialis, 38-40; 45
o Centesimus Annus, 10e; 33; 41d; 51
c) Subsidiarité
o Quadragesimo Anno, 79-80; 86-88
o Mater et Magistra, 54-55; 57-58; 118
o Pacem in Terris, 137-141
o Laborem Exercens, 17
d) Participation sociale
o Mater et Magistra, 61; 91-92
o Gaudium et Spes, 31; 55; 59; 63; 68
o Octogesima Adveniens, 22; 24; 46-47
o Instruction sur la Liberté chrétienne et la Libération,
86, 95
o Orientations, 40
o Sollicitudo Rei Socialis, 45
o Centesimus Annus, 33
o Catéchisme, 1913-1917
DESTINATION UNIVERSELLE DES BIENS
o Gaudium et Spes, 69-71
o Populorum Progressio, 22-23
o Instruction sur la Liberté chrétienne et la Libération,
90
o Centesimus Annus, 30-32
PROPRIÉTÉ PRIVÉE
o RN 3; 12-16 (1ère partie IIA 2° ; Ilème partie
II C 1°)
. QA, 44-52
o MM, 105-116; 120-122
o GS, 69-71
o PP, 19; 22-24
o LE, 14
o SRS, 28; 42
PROPRIÉTÉ COLLECTIVE
o RN, 23-35
o QA, 105-110
o MM, 53-67; 117-119
o GS, 70-71
o PP, 23-24; 33-34
o LE, 14
o SRS, 15
TRAVAIL ET SALAIRE
a) Réflexion sur le travail des Hommes et des Femmes
o RN, 32
o MM, 84-104
o GS, 67
o LE, 1; 3; 4-10; 18-19; 22-27
o SRS, 18 (chômage)
b) Salaire pour la famille ou salaire pour la personne?
o RN, 32-33 (Ilème partie II C 2°)
o QA,71
o LE, 19
c) Le système salarial réduit-il les salariés
à une catégorie "commerciale"
o QA, 64-68
o MM, 75-77
o LE, 19
d) Un point pratique: le montant (du salaire)
o RN, 32 ( Ilème partie II C 2° e)
o QA, 70-75
o MM, 69; 80
GREVES
o RN,29 (Ilème partie II B 2°)
o QA, 94
o GS, 68
o OA, 14
o LE, 20
SYNDICATS
o RN, 34-40 ( Illème partie)
o QA, 34-38; 81-97
o MM, 97-103
o GS, 68
o PP, 38-39 et OA, 14
o LE, 20
o SRS, 15e
POLITIQUE ET POLITICIENS
o GS, 73; 76
o OA, 3-4; 48-51
o SRS, 47-48
SOCIÉTÉ CIVILE ET POLITIQUE
a) Caractéristiques
o GS 74a
b) Autorité
o PT, 46-52
o GS, 74b-e
c) Le Bien Commun (voir page 95)
POUVOIR POLITIQUE
a) L'État: Organisation Politique
o MM, 21-22; 44; 104; 201-202; 205
o PT, 68-69; 72; 75-79; 130-131
o GS, 73-75
o OA, 46
b) Régimes politiques
o PT, 52; 68-73
o GS, 73; 74; 75
o RH, 17
o SRS, 41
ENGAGEMENT SOCIO-POLITIQUE DES CHRÉTIENS
a) Avant PP (Devoirs des patrons et des ouvriers)
o RN, 14-16
o QA, 50-51; 63-64; 78; 141-142
o MM, 51; 82-84; 91; 122
o GS, 65-70
b) Après PP
A propos du sous-développement et du développement:
o PP, 14; 19-21; 43-51; 56-59
o OA, 24-25; 37; 46-51
o RS, 27-39
A propos de l'action dans la société:
o PT, 146-152
o GS, 36; 75-76
o OA, 3-4; 48-51
o SRS, 47a; 48a
Pluralisme politique des Chrétiens
o OA, 50-51
c) Principes inspirateurs pour une politique humaniste
Vérité, Justice, Amour, Liberté:
o PT, 38
o GS, 26c; 27-28
o OA, 23, 45
Égalité et Participation:
o PT, 73
o GS, 75
o OA, 24-25; 47
Libération:
o Discours de Jean-Paul II à l'ouverture de CELAM, III, 5
& 6; III
o Synode des Évêques, Justice dans le Monde, 50-51
d) Idéologies et Utopies:
o OA, 25-37
LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE
a) Fondements
o GS,84
b) Relations Internationales
o PT, 86-106; 120-126; GS, 85-90; PP, 78; ÇA, 21, 27; SRS,
14, 16, 43, 45
VIOLENCE SOCIALE
a) Description de la violence sociale
Violence structurelle Violence révolutionnaire:
o PT,
o PP, 30-31
o LE, 11-13
Violence de la Guerre:
o PT, 109-116
o GS, 77-82
o PP, 53; 76
o SRS, 10; 20; 23-24; 39
b) Non-Violence Active
o GS79 CA23c
o Instruction sur la Liberté chrétienne et la Libération,
77-79
o Catéchisme, 2306
PAIX
a) La réalité de la guerre
o PT, 109-117
o GS, 79-80; 82
o ÇA, 14b; 17a,b; 19a
o Catéchisme, 2307-2317
b) Le scandale de l'armement et la question du désarmement
o PT, 106-112, 123-125GS, 81
o PP, 53
o SRS, 23-24
o ÇA, 28c
c) Éthique de la paix
Le Paix avant tout:
o PT
Le travail de tous et de chacun pour la Paix:
o GS, 78-82
o Catéchisme, 2302-2305
Le Développement, nouveau nom pour la Paix:
o PP, 76
La Paix, fruit de la Justice et de la Solidarité:
o GS78
o SRS, 26; 39
o ÇA, 5c; 23c; 28c; 29a
FOI ET CULTURE CHRÉTIENNES
o GS, 53-62
o PP, 12ss; 38-41; 50-52
o ÇA, 32ss; 38-41; 50-52
MOYENS DE COMMUNICATION SOCIALE
a) Attitude chrétienne face aux MCS (Médias):
o OA, 20
Valeurs à promouvoir:
o Communion et Progrès (CP), 14-17
Risques à éviter:
o CP, 58; 80
o SRS, 22
b) Un point concret:
L'Information:
o CP, 33-47; 75-76
La propagande:
o CP, 23; 30; 59-62
L'Opinion Publique:
o CP, 26-32; 114-125
ECOLOGIE
MM, 196-202 OA, 21
o RH, 8 et 15
o LE, 4; SRS,26; 29; 34
o ÇA, 37-38
o Jean-Paul II: Message pour la Journée Mondiale de la Paix
(01/01/90):
Paix avec Dieu Créateur, paix avec l'ensemble de la Création.
o . Catéchisme, 299-301; 307; 339-341; 344; 2415-2418
3.1.1.3 La Paix et la théorie de la
"guerre juste":
La
Constitution Pastorale sur l'Église dans le Monde de ce Temps
(GS) emploie dès ternies très forts pour soutenir
tous les moyens d'éviter la guerre, ainsi que pour dénoncer
l'immoralité de la course aux armements qui prive les pauvres
de leur juste part des biens de la nation tout en donnant un pouvoir
immense à ceux qui exercent l'autorité dans ces pays
(GS 79-82). Elle souligne de plus que nous avons besoin d'une autorité
internationale effective pour protéger les populations innocentes
des ravages de la guerre.
Deux changements majeurs sont intervenus depuis Vatican II:
i) le grand développement des armes de destruction de masse,
en même temps que leur disponibilité sur le marché
par l'entremise des marchands d'armes de niveau international; ii)
les changements dans la façon de faire la guerre qui font
que des populations non combattantes deviennent des cibles stratégiques
majeures.
Paul VI, dans sa visite historique aux Nations Unies a appelé
de façon pressante à mettre fin à toutes les
espèces de guerre. Les récents enseignements des papes
vont dans ce sens : éviter la guerre à tout prix;
et les moralistes s'interrogent sur le principe de la théorie
d'une "guerre juste". Ce que l'on recherche surtout c'est
la réconciliation entre les parties en guerre, non par la
force des armes, mais par l'action de médiateurs qui ont
la confiance des parties en conflit.
3.1.1.4 Enseignement Social des Évêques
et des Supérieurs Majeurs
Dans leurs lettres pastorales, les Conférences épiscopales
du monde entier sont unanimes à condamner les injustices,
la guerre et la violence, et n'ont pas peur de s'exprimer, au nom
de l'Évangile, en faveur de la Justice et de la Paix:
Au cours des trente dernières années, les évêqvies
de onze pays industrialisés occidentaux (Europe de l'Ouest,
Canada et U.S.A.) ont mis au point un programme de justice socio-économique
visant à établir une société fondée
sur la solidarité et la responsabilité, où
chacun aurait sa part de participation équitable. La communauté
des fidèles est très souvent sollicitée à
cause des graves problèmes sociaux tels que chômage,
pauvreté et phénomènes de migration et les
évêqvies demandent qu'elle y réponde de façon
adaptée certes mais avec force et générosité,
à la lumière et dans la tradition du message biblique.
Pour alerter l'opinion publique et orienter les mentalités
vers les solutions souhaitées, les évêques utilisent
des moyens variés : des lettres ou exhortations pastorales,
des rapports, des interviews, des homélies, des communiqués
de presse, des prises de position ou des manifestations.
L'Assemblée Spéciale du Synode des Évêques
pour l'Afrique qui s'est tenue à Rome en 1994 a été
nette dans sa condamnation de l'injustice au sein même du
continent noir. Les Pères Synodaux ont parlé de tribalisme,
népotisme, soif de pouvoir, intolérance religieuse,
et souligné l'existence de "chambres de torture".
Ils ont lancé un appel pour la création de commissions
Justice et Paix en Afrique. Ils ont demandé que les gouvernements
africains fassent moins de dépenses militaires et mettent
davantage l'accent sur l'éducation, la santé et le
bien-être des populations.
Les Pères Synodaux ont également critiqué les
intérêts étrangers qui manipulent et soutiennent
des leaders africains corrompus, le scandaleux commerce des armes
pour le profit de ceux qui les vendent, et les conditions quasiment
impossibles dans lesquelles se trouvent acculés les peuples
qui ont bénéficié de prêts. Ils ont demandé
au FMI et à la Banque Mondiale d'"alléger la
dette écrasante" des nations africaines et invité
les conférences épiscopales du monde et toutes les
personnes de bonne volonté à développer un
mouvement de soutien dans l'opinion publique pour ce problème
aigu tout comme pour d'autres questions, (cf. Message du Synode,
n° 41-42).
Le Synode Africain a attiré l'attention sur la situation
critique des femmes privées de leurs droits et du respect
qui leur est dû, dans certains pays africains, et cela "parfois
même dans l'Église".
Les Conférences des Évêques d'Afrique doivent
prendre la défense des droits des femmes dans la société
et aussi s'assurer quelles aient accès aux "niveaux
appropriés de prise des décisions dans l'Église".
Conférence épiscopale des USA
La Conférence épiscopale des USA, dans le document
"Semer les Armes de la Guerre: Réflexion Pastorale sur
le Commerce des Armes et les Mines antipersonnel" a déclaré
ceci:
"Nous renouvelons notre appel à toutes les nations et
à la communauté internationale afin d'entreprendre
des efforts plus intenses pour contrôler et réduire
de façon déterminante le commerce des armes qui fait
partie intégrante de la culture de violence que nous dénoncions
il y a un an. Dans l'effort général pour chercher
à arrêter la prolifération des armes de par
le monde, réduire le commerce des armes constitue maintenant
une part essentielle de notre vocation à bâtir la paix,
selon l'appel que nous avons lancé comme 'Défi de
la Paix', il y a plus de dix ans."
Message des Évêques de la Région des Grands
Lacs en Afrique
"Nous, Évêques du Burundi, du Rwanda, du Zaïre,
de l'Ouganda et de la Tanzanie, avons tenu une réunion à
Nairobi du 18 au 21 décembre 1996, sous la présidence
du Cardinal Roger Etchegaray, Président du Conseil Pontifical
pour la Justice et la Paix.
"Au cours de cette rencontre, nous avons partagé les
informations et les inquiétudes concernant les nombreuses
épreuves qui accablent les populations de nos pays....
"La situation dramatique de centaines de milliers de réfugiés
et de personnes déplacées et les conséquences
de la guerre sur la vie de nos Églises ont été
au centre de nos préoccupations. Dans ce contexte de crise
aiguë, nous avons cherché à fixer quelques priorités
pastorales qui s'imposent vu les circonstances dans nos Églises:
o L'Évangile comme réponse à l'idéologie
ethnocentrique.
o La mission de réconciliation de l'Église.
o L'Église comme voix de ceux qui endurent les épreuves.
o La solidarité entre les Églises.
"La diversité des groupes ethniques constitue une richesse
pour un pays. Cependant le phénomène ethnique devient
la pire des menaces lorsque des intérêts politiques
ou privés transforment cette réalité en idéologie
et instrument de conquête du pouvoir.
"Cette idéologie, accentuée par des alliances
internes et externes, associée en plus au commerce sordide
des armes, engendre des conflits et alimente une spirale de discrimination,
d'exclusion et de violence qui conduit à des massacres voire
au génocide.
"Les effets désastreux d'une telle idéologie
sont évidents; d'une manière subtile elle pénètre
les personnes comme les cultures et les institutions. Même
des membres de nos églises ont été touchés
par cette contamination...
"... Parmi les réfugiés se trouvait un prêtre
catholique: Jean-Claude Buhendwa, 26 ans, ordonné l'année
précédente. Les rebelles disent au prêtre qu'il
peut partir. Mais le P. Buhendwa, comprenant ce qui se passe, sans
hésiter revient vers le groupe, lève la main pour
le geste de bénédiction, donne l'absolution au groupe
d'hommes, de femmes et d'enfants terrorisés et prend place
parmi eux. Puis le feu de la mitrailleuse éclate dans le
camp...
"Un siècle nouveau sans réfugiés... Puisse
le dynamisme du Grand Jubilé de l'An 2000 inspirer dans nos
Églises de nouvelles énergies pour une évangélisation
renouvelée, si bien que le mur de la haine et de la division
érigé entre nos divers groupes ethniques soit détruit
pour toujours. Puisse le Christ être notre Paix pour toujours..."
Conférence des Religieux du Canada
"Nous, membres de la Conférence des Religieux du Canada,
réunis pour prier et pour partager, avons reconnu combien
nous avons besoin de demander pardon. Nous réalisons que
les questions liées à l'environnement sont essentiellement
affaire de justice et nous invitent à une nouvelle spiritualité.
Nous entendons l'appel à la conversion personnelle et communautaire
pour la cause de la Justice, de la Paix et de la bonne gestion du
monde. Nous nous sentons confrontés, chacun d'entre nous,
à un défi en vue d'une nouvelle alliance avec l'ensemble
de la création pour faire en sorte que la volonté
de Dieu sur l'univers puisse se réaliser.
C'est pourquoi, nous nous engageons:
o A un effort soutenu - et cela tant sur le plan personnel que communautaire
et de façon permanente, en vue d'une conversion, d'une éducation
et d'une prise de conscience des problèmes posés par
l'environnement; à des relations que nous voulons basées
sur la justice et le soutien des populations aborigènes;
à une prise en considération des problèmes
de la pauvreté créés par nos habitudes de surconsommation,
tout en respectant la diversité des cultures.
Nous recommandons d'inclure ces questions de respect de la création
dans nos programmes de formation et de les faire entrer dans nos
critères de discernement. Nous avons besoin d'approfondir
la façon dont nous comprenons ces questions de protection
de la nature en considérant notre tradition judéo-chrétienne
avec un regard renouvelé.
A un plan d'action - à la fois personnel et communautaire
- qui nous pousse à:
i) militer et apporter notre contribution dans les groupes existants
qui sont engagés sur les questions de respect de la nature;
ii) adopter une attitude de solidarité vis à vis des
marginalisés - femmes, indigènes, émigrés,
pauvres - en nous associant à ce qui se fait dans ce sens
(Aboriginal Rights Coalition par ex.);
iii) donner la priorité aux investissements humains aussi
bien que financiers pour faire avancer la réflexion sur les
questions d'environnement;
iv) freiner le rythme de notre vie tant sur le plan de nos activités
que sur celui de notre consommation, et chercher un équilibre
qui reflète une nouvelle façon de comprendre le rapport
entre pauvreté et environnement;
v) essayer de rendre effectif le Sabbat dans notre vie;
vi) renouveler nos liturgies en y faisant entrer des célébrations
qui reflètent l'interrelation de toute la création."
3.1.1.5 Dimension sociale de la Sainteté
et du Péché
Dans
un effort pour comprendre la présence, dans notre monde,
de l'injustice et des structures et systèmes injustes, le
point de vue chrétien permet de mettre le doigt sur la réalité
du péché comme racine et cause du mal. Notre foi nous
enseigne le chemin de la justice tandis que d'autres intérêts
- que nous appelons idoles - nous éloignent de cette justice
et du respect de la création. Le péché produit
la mort du pécheur et de ceux qui sont affectés par
ses conséquences. De nos jours, partout dans les sociétés,
nous pouvons témoigner qu'il y a bien des formes de mort.
Comme nous l'avons vu dans la première section de ce document,
la création se meurt peu à peu sous l'effet de la
pollution, d'une consommation irresponsable ou d'un manque d'attention
aux ressources non renouvelables: des êtres humains meurent
prématurément de faim, de maladie, de violences de
toute sorte, morts spectaculaires et évidentes. Il y a aussi
cette mort quotidienne liée à la condition de pauvreté,
du manque d'éducation, de maison, de nom, d'amis, cette mort
de l'exclusion de la société et cette mort particulière
qui consiste à recevoir vin droit tout à fait légitime
comme un privilège parce que cela a arrangé quelque
puissant bien en place d'en accorder la faveur.
L'union à Dieu, avec notre esprit, notre coeur, notre corps,
tout notre être, c'est ce que nous appelons la sainteté
(LG n° 41). La sainteté est là où le peuple
de Dieu se laisse conduire par l'Esprit de Dieu, en suivant le Christ
pauvre, humble et portant la croix. Grâce à la relation
de Dieu avec le "peuple choisi", ce peuple est devenu
saint. La loi a été donnée à Moïse
non pas pour lui, mais pour le peuple, pour qu'ils s'y attachent
tous ensemble. Le peuple ensemble s'est engagé à la
suivre. Il a offert des sacrifices et lorsque vint le temps d'être
libéré, Dieu l'a sorti de la captivité pour
le mener à la liberté, l'a conduit à travers
le désert vers la terre promise. Ces gens-là se sont
aidés mutuellement à mieux connaître la loi
de Dieu et ils l'ont enseignée à leurs enfants et
aux enfants de leurs enfants.
Mais la situation inverse a aussi existé où des façons
de faire marquées par le péché ont prévalu.
Les gens se sont transmis les uns aux autres ces conduites marquées
par le péché, et lorsque cela leur était profitable
ils ont continué à les pratiquer même si c'était
en opprimant les pauvres. Ils ont enseigné ces conduites
marquées par le péché à leurs enfants
et aux enfants de leurs enfants.
I Les Pères de Vatican II ont reconnu que nous sommes tous
appelés à la sainteté (LG n° 41), et pas
seulement quelques-uns. Ils ont aussi reconnu ce qu'ils ont appelé
les maux dérivant du péché social. Ceux qui
en bénéficient sont complices du maintien de conduites
et de structures marquées par le péché dans
la société. Ces gens-là sont assez habiles
pour y attirer d'autres personnes parfois même à leur
insu. Et le processus continue parce que la société
a trouvé le moyen de transmettre des procédés
d'oppression de génération à génération,
par la propagande idéologique, la publicité et la
manipulation. Même nos systèmes éducatifs dans
nos institutions catholiques sont parfois coupables d'enseigner
des formes d'individualisme et de compétition qui ont quelque
chose d'opprimant ou tout simplement de négliger d'enseigner
les chemins de la Justice.
Devant cette mort permanente et sournoise, les paroles de Jésus
sonnent comme une bonne nouvelle: "Moi, je suis venu pour qu'on
ait la vie, et qu'on l'ait surabondante". (Jn 10, 10). Là
où les signes de mort dominent, le message chrétien
est amené à les remplacer par des signes de vie.
3.1.2 ANALYSE SOCIALE
3.1.2.1
Introduction
Agir
de toutes ses forces en vue de la transformation du monde n'est
pas une tâche pour rêveurs naïfs ou enthousiastes
exaltés. Transformer le monde suppose que nous le connaissions
quelque peu et que nous sachions ce qui a besoin de transformation.
Tout engagement pour la justice doit reconnaître les systèmes
injustes qui sont responsables en grande partie de la faim, du fait
d'être sans abri, de la violence et de la destruction de l'environnement
dans le monde. Une part importante de tout programme de formation
à la Justice, à la Paix et à l'Intégrité
de la Création devrait porter sur les systèmes ou
structures d'injustice, et sur le "comment" et le "pourquoi"
de leur mauvais fonctionnement. Ce qu'il faut, c'est une MÉTHODE,
une démarche particulière pour examiner les systèmes
sociaux et les symptômes de leur mauvais fonctionnement qui
conduisent à des situations d'injustice. On peut trouver
des guides utiles pour cette analyse sociale / structurelle. Certains
figurent dans la bibliographie à la fin de ce document, et
sans doute le plus complet est-il celui de Holland et Henriot: "Analyse
Sociale: Lien entre Foi et Justice".
Il est nécessaire pour les promoteurs / animateurs JPIC d'examiner
avec grande attention les problèmes de justice avant de prendre
des mesures pour les résoudre. Une préparation doit
être faite avec soin pour bien cerner les questions que l'on
désire traiter. Il faut une méthode d'examen ou d'analyse
de ces problèmes sociaux pour éviter le danger que
de tels problèmes n'empirent parce que ceux qui luttent pour
la justice n'ont pas eu pleinement conscience de leurs racines profondes.
L'analyse sociale est un instrument courant et efficace qui nous
permet d'étudier les structures de la société:
politiques, économiques, culturelles, sociales, religieuses
- et de découvrir les racines de l'injustice sociale. Elle
nous aide à passer de ce que Donal Dorr appelle la compassion
du face-à-face à la question du "comment"
et du "pourquoi": Comment ces gens sont-ils devenus pauvres?
Pourquoi le chômage augmente-t-il? L'analyse sociale identifie
qui détient le pouvoir, qui décide, qui tire profit
ou non de ces décisions dans la société. Elle
nous permet de définir les relations réciproques et
les influences qui jouent en tout système social. Cette méthode
a été mise au point par des groupes chrétiens
utilisant la réflexion théologique chrétienne
en même temps que l'analyse sociale en vue d'un plan d'action
pour promouvoir la Justice, la Paix et l'Intégrité
de la Création.
L'analyse sociale nous invite à "ouvrir les yeux, les
oreilles et la bouche". Marc présente trois miracles
qui symbolisent l'invitation que nous fait Jésus à
regarder, écouter et parler, dans notre recherche pour comprendre
le "Quoi" et le "Comment" de la Mission. Il
s'adresse à ses disciples leur faisant le reproche: "Vous
ne comprenez pas encore et vous ne saisissez pas? Avez-vous donc
le coeur endurci, des yeux pour ne point voir et des oreilles pour
ne point entendre? Et ne vous rappelez-vous pas...?"
(Me 8, 17-18)
o guérison du sourd, Me 7, 31-37
o guérison de l'aveugle, Me 8, 22-26; 10, 46-52
o guérison du muet, Me 9,17-27
L'analyse sociale nous invite à ÉCOUTER, à
VOIR, à ENTENDRE les cris du monde dans lequel nous vivons.
3.1.2.2 La méthode
La
méthode de l'analyse sociale n'est pas difficile. Elle implique
la méthode fondamentale du VOIR, JUGER, AGIR, pratiquée
avec la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) et la Jeunesse
Étudiante Chrétienne (JEC), reprise ensuite par les
théologiens d'Amérique Latine dans leur travail avec
les Communautés Chrétiennes de Base, et que l'on retrouve
en grande partie dans la Théologie de la Libération.
Elle comprend quatre étapes principales.
(Avant de s'engager dans une démarche proprement dite d'analyse
sociale, il serait utile
d'avoir un échange sur les valeurs.)
1° Étape: Point de départ: les membres du groupe
font une liste des problèmes à analyser ou à
étudier.
o Voir s'il y a un rapport ou un lien entre les injustices.
o Identifier celles qui sont les plus graves et en faire la liste.
o Voir s'il y a un nom commun qui pourrait décrire toutes
ces injustices.
o Décider de s'arrêter sur un problème spécifique
que le groupe va examiner avec cette méthode. Il est important
de se rappeler qu'il est presque impossible d'analyser deux problèmes
en même temps.
2° Étape: Analyse structurelle
o Décrire le problème en détail.
o Quand le problème est-il apparu?
o Pourquoi est-il apparu?
o Quand s'est-on rendu compte que c'était un problème
sérieux?
o Qu'est-ce qui nous a amenés à y faire attention?
Les Structures en général:
o Commencer par une discussion sur les structures et organisations
de la société.
o Examiner le problème en question en relation avec les structures
économiques, politiques, de classe, culturelles et religieuses
de la société.
Structures économiques
o Qu'est-ce qui est à l'origine du problème?
o Y a-t-il des sociétés multinationales ou locales
qui voudraient que ce problème demeure, ou même empire
parce qu'il est, pour elles, source de profit?
o Y a-t-il des personnes ou des groupes dans cette société
qui s'emploient à maintenir ce problème sans chercher
de solution parce que ça les arrange financièrement?
Structures politiques
o Qui voit son pouvoir accru en raison du maintien de ce problème?
o Y a-t-il des politicien(ne)s ou des partis politiques qui utilisent
ce problème pour gagner ou maintenir quelque pouvoir?
o Qui a use de son autorité ou de son pouvoir pour permettre
que ce problème apparaisse?
o Y a-t-il des responsables locaux qui tiennent à ce que
ce problème perdure pour obtenir le pouvoir?
Structures de Classes Sociales
o Est-ce que ce problème favorise, maintient ou soutient
une fracture sociale dans la société?
o Des personnes gagnent-elles quelque importance ou statut social
en raison de ce problème? Qui sont-elles?
o Des personnes ou groupes de personnes perdent-elles quelque importance
ou statut social en raison de ce problème? Qui sont elles?
Structures Culturelles
o Notre culture et nos traditions favorisent-elles la création,
le maintien, le soutien de ce problème?
o Quelles valeurs et traditions culturelles contribuent à
aggraver ce problème?
o Examiner ce problème en lien avec les structures ou attitudes
mentales.
Structures Religieuses
o Quelles structures religieuses ou organisations d'Église
pourraient être impliquées dans ce problème?
o Comment ces structures religieuses ou organisations d'Église
favorisent-elles la création, l'encouragement ou le maintien
de ce problème?
o Y a-t-il des organisations religieuses ou d'Église qui
ont des intérêts liés à son existence?
L'utilisent-elles pour maintenir leur importance ou augmenter le
nombre de leurs adhérents?
Structures mentales ou attitudes.
L'injustice a souvent pour cause des structures injustes dans la
société. Pourtant, même si ces structures changent,
le problème de l'injustice demeure en raison des attitudes
ou de la mentalité des gens. De telles attitudes, appelées
parfois "structures mentales", sont difficiles à
modifier. Une conversion est nécessaire pour faire évoluer
ces structures ou attitudes mentales, cause des situations injustes.
Et une telle conversion exige de la part des personnes concernées
qu'elles aient l'esprit et le coeur "affamé et assoiffé
de justice".
o Avons-nous des attitudes qui favorisent la création, le
maintien ou le soutien de ce problème? Lesquelles?
o Pouvons-nous reconnaître ou identifier certaines de nos
attitudes, en tant qu'individus ou en tant que communauté,
qui contribuent à aggraver ce problème?
Au terme de cette deuxième étape, il serait utile
de prendre un moment pour répondre aux questions suivantes
:
o Ces considérations et discussions nous ont-elles permis
d'acquérir une meilleure compréhension des causes
du problème?
o Quelles sont les idées les plus importantes ou nouvelles
qui se dégagent à l'issue de cette analyse?
3° Étape: Réflexion chrétienne sur le problème
à la lumière des Ecritures et de l'enseignement de
l'Église.
En vue de trouver si la Bible et l'enseignement de l'Église
peuvent aider à donner un nouvel éclairage sur le
problème:
o Que dit la Bible sur ce problème?
o Pouvons-nous identifier certaines affirmations de l'Église
faites par le Pape, un Concile ou un groupe d'Évêques,
qui peut s'appliquer à ce problème?
4° Étape: Plan d'Action - Penser Globalement - Agir localement
Plan d'Action
o Quelle est la solution à ce problème?
o En tant que groupe ou en tant qu'individus, que pouvons-nous faire
au sujet d'un tel problème?
o Quels moyens avons-nous pour nous aider dans notre plan d'action?
o Pouvons-nous avoir plus de moyens pour nous aider?
o Y a-t-il une partie du problème auquel nous pouvons nous
attaquer dès maintenant?
o Quelle est la première étape à entreprendre
pour le résoudre?
^ Les responsabilités sont partagées entre les participants
à ce travail d'analyse.
^> Une date limite est fixée pour chaque étape
du plan d'action ainsi que pour la réalisation de l'ensemble
du travail.
o Les moyens financiers et autres font l'objet d'une réflexion
et sont soigneusement étudiés.
ÉVALUATION:
o Qu'est-ce que nous nous étions fixé?
o A quel point sommes-nous parvenu(e)s?
o Qu'est-ce qui nous a aidé(e)s à progresser?
o Qu'est ce qui a retardé la progression?
o Que devons-nous faire maintenant? Faut-il changer d'objectifs?
Faut-il changer de méthode? Faut-il renouveler nos moyens/ressources?
N.B.:
o Des évaluation doivent être faites aux diverses étapes
de la réalisation du Travail d'analyse;
o On gagnera à intégrer des célébrations
(y compris célébrations liturgiques) dans l'ensemble
de la démarche d'analyse sociale.
3.1.2.3 Une autre approche de cette méthode:
VOIR
Que voyons-nous autour de nous? Pourquoi les choses sont-elles ainsi?
JUGER
En portant un jugement sur les situations, quel parti pris apportons-nous
avec nous? Avec quelles lunettes voyons-nous les choses? Quelle
est, peut-être inconsciemment, notre impression personnelle
sur le problème? Quelle dose de bon sens et d'expérience
de la vie apportons-nous au problème pour l'analyser? A quel
type de sagesse nous référons-nous -celle des riches
ou celle des pauvres? Avons-nous vraiment fait le choix des pauvres
en évaluant la situation?Ne sommes-nous pas plutôt
à l'écoute de l'élite qu'à celle des
pauvres quand il s'agit de nous faire une opinion? Où est
la sagesse de l'Évangile? Travailler pour la Justice demande
une spiritualité profondément enracinée dans
les Écritures, faute de quoi notre travail sera d'un poids
accablant, et impossible à réaliser. Appelés
à être des diffuseurs de l'esprit de l'Évangile
en même temps que des agents de la transformation de la société,
nous prions, réfléchissons et cherchons la volonté
de Dieu pour faire advenir son Règne. Nous nous efforçons
d'apprécier la situation à la lumière du dessein
de Dieu.
AGIR
Après avoir pris davantage conscience de la situation du
monde autour de nous, de ce qui s'y passe, et après avoir
porté une appréciation selon la perspective évangélique,
il nous faut agir. Il est d'une extrême importance de collaborer
avec d'autres là où nous vivons - ONG, autres confessions
religieuses, groupes locaux - et quand c'est possible, de développer
des réseaux internationaux. Ainsi, notre action a plus de
chances d'être couronnée de succès.
3.1.2.4 Approche pratique:
Nous
engager effectivement avec les pauvres et les marginalisés,
nous impliquer dans une analyse sociale et une réflexion
permanente sur nos attitudes et nos actions nous aidera à
faire grandir la prise de conscience nécessaire pour apporter
notre contribution à la transformation du monde.
Je suis
une femme noire,
grande comme un cyprès,
forte
au-delà de tout ce qu'on peut imaginer,
affrontée à des défis à relever
en toute circonstance,
en tout temps, et en tout lieu;
agressée
mais inébranlable
et indestructible.
Regarde-moi
et accepte
de te laisser renouveler!
Mari Evans
"Ils se sont emparés de moi dans la rue. Je me suis
débattue entre les mains de la police, mais ils m'ont frappée
à la tête. J'étais hantée par le visage
de ma mère et de mon père. La méthode utilisée
dans les prisons d'Irak illustre leur barbarie: c'est le viol....
J'avais pourtant entendu bien des choses là-dessus, mais
pas au point de me préparer à cette cruelle expérience
que je ressentirai toujours en moi.. Je saigne encore beaucoup.
Non seulement un homme, mais tout un groupe... Ils ont étouffé
mes cris et mes protestations. J'ai dû me laisser faire. Et
c'était même un spectacle local, des tas de gens sont
venus regarder".
Une femme Kurde
Comme nous l'avons mentionné à la Section I, pour
bon nombre de femmes la violence est une dure réalité
quotidienne - violence de la guerre, violence politique, violence
sexuelle et violence à la maison. A la Conférence
de Beijing sur les Femmes, la question de violence fut largement
débattue au-delà de toutes les frontières culturelles
et géographiques. Ayesha Khanam du "Bangladesh Women's
Council" affirma que la violence dont les femmes sont victimes
est un problème demandant une action au niveau mondial. Parmi
les formes de violence soulevées à Beijing, citons:
mutilations génitales des fillettes, morts liées à
la dot ("dowry deaths") en Inde où des milliers
de jeunes épouses sont tuées chaque année parce
que leurs familles n'ont pas pu payer toute la dot requise, violence
sexuelle au foyer (aux USA, environ vin tiers des femmes victimes
de mevirtres mevirent entre les mains d'un mari ou d'un "amant")
et pratiqvie dvi viol et de la prostitvition forcée comme
armes de gvierre. La façon d'arrêter cette forme de
violence est un défi povir novis tovis - femmes, hommes,
laïcs, religieux, chrétiens et croyants d'avitres religions.
On trovivera ci-dessovis les grandes lignes d'vme approche d'analyse
structurelle svir la qviestion des Femmes et de la Violence:
Présentation d'une situation donnée:
Un grovipe paroissial est en discussion sur vme enquête nationale
qui vient d'être publiée dans la presse, concernant
la violence domestiqvie. Cette enqviête montre qu'une femme
sur cinq a été violentée par vin partenaire
masculin. 59% des personnes ayant répondu affirment connaître
d'avitres femmes qvii ont été victimes de violence;
13% font état de contraintes d'ordre moral (enfermées
chez elles, empêchées de rencontrer leurs ami(e)s,
insultées, privées d'argent); 10% ont svibi des brutalités
physiqvies (covips de pieds, jetées dans l'escalier, battues,
poignardées, victimes de tentatives de strangulation); d'avitres
ont été victimes d'abus sexuels, menacées avec
vin couteavi ou vme arme à feu. L'éditorial dvi journal
local conclut :
"Même si le Gouvernement peut voter de meilleures lois
pour la protection des femmes en général, il ne peut
concevoir une façon d'intervenir réduisant les violences
domestiques tant qu'il ne connaît pas la cause de ces violences.
Il importe, certes, qu'il se fixe cet objectif, mais en attendant
de l'avoir atteint, qu'il fasse tout pour soutenir les foyers d'accueil
et les centres pour personnes victimes de viols."
Avons-nous une réponse à ce problème? Que pouvons-nous
faire? Qui est victime de violences sur cette paroisse et que nous
ne connaissons pas? De telles questions et beaucoup d'autres émergent
rapidement. Comment ce groupe peut-il apporter une réponse
utilisant une méthode d'analyse sociale? Il faut noter que
l'analyse d'un tel problème demanderait au moins deux séances
de deux heures.
1° Étape: Clarifier le Problème:
Faire des recherches et partager les informations sur la violence
domestique. Se procurer une copie de l'enquête, peut-être
inviter un intervenant qualifié. Tracer les grandes lignes
de l'historique de la violence domestique dans le pays. Quelles
évolutions politique, économique, culturelle, sociale
et religieuse dans la société ont favorisé
le développement de la violence à l'égard des
femmes? Chercher les rapports de cause à effet, les interrelations.
Quelles valeurs sont en jeu ici?
2° Étape: Analyse des Structures:
o Y a-t-il des structures économiques qui conduisent à
des attitudes violentes à l'égard des femmes comme
le système de la dot; l'absence de droits légaux et
de droits à la propriété; la femme considérée
comme objet faisant partie du "mobilier intérieur";
l'homme considéré comme le gagne pain; le chômage?
Y a-t-il des forces dans la société qui tirent parti
de la dépendance économique des femmes?
o Dans le système politique, qui a le pouvoir? Y a-t-il des
partis ou groupes politiques qui soutiennent tacitement la violence
physique faite aux femmes? Qui bénéficie de l'habitude
de "garder les femmes chez elles"? Quelles fonctions ministérielles
les femmes assurent- elles au gouvernement, si toutefois elles y
ont une place? Y a-t-il des groupes qui voient la montée
du féminisme comme une menace? Les femmes ont-elles des droits?
o Y a-t-il un soutien culturel à cette habitude de violence
à l'égard des femmes, comme par exemple la tradition
de machisme? Quelle forme prend l'interaction sociale - femmes d'un
côté, hommes de l'autre? Que penser de l'alcool comme
"rituel" pour les hommes? Que penser de la chasteté
exigée des femmes et non des hommes? Quelle éducation
reçoivent les hommes? Pendant combien de temps? Et les femmes?
Comment les médias présentent-ils les femmes - objets
sexuels, dévergondées, volages, sans cervelle?
o Les structures sociales encouragent-elles la violence: par exemple
des patrons qui "posséderaient" leurs employé(e)s
et manoeuvreraient en conséquence : un habitat misérable;
des soins médicaux et un soutien social insuffisants? Qui
prend les décisions?
o Quelle place et fonction les femmes ont-elles dans les structures
religieuses? Y a-t-il des enseignements, des traditions et des pratiques
qui affectent les femmes à des tâches particulières?
Comment la femme est-elle décrite dans la mythologie? Dans
la Bible? Dans l'Église?
o Y a-t-il des relations entre les structures économiques,
politiques, sociales, culturelles et religieuses qui contribuent
à la violence à l'égard des femmes?
3° Étape: Réflexion et Prière
Avoir recours à un passage de l'Écriture tel que la
Samaritaine (Jn 4,1-42). Que dit ce passage de l'Écriture
sur cette question? Comment Jésus répond-il? Y a-t-il
des enseignements de l'Église, des prises de position du
Pape, d'Évêques, de responsables religieux qui aident
à y voir plus clair sur ce point?
4° Étape: Plan d'Action
Quelle est la solution? Concrètement, que voulons-nous voir
changer? Quelles ressources avons-nous dans le groupe pour nous
aider à trouver une réponse au problème de
la violence domestique? Quelle partie du problème pouvons-nous
circonscrire maintenant? Quels types de relations avec la paroisse
au sens large? Quelle action allons-nous commencer en premier? Qui
seront les personnes responsables des divers aspects de l'action
que nous entreprenons? Pour quelles dates prévoyons-nous
la réalisation des diverses étapes?
Évaluation
II est extrêmement important de mettre en place une démarche
de révision et d'évaluation du plan d'action et de
l'action effectivement menée.
|